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Biotraq, future assurance qualité des produits périssables

Informé, l'opérateur peut prendre une décision.
© Site Biotraq

La jeune pousse Biotraq met au point le suivi de la qualité des produits sensibles à partir des conditions de stockage, de transport ou de distribution. Les applications se profilent dans l’agroalimentaire, la pharmacie, sous l’œil des assureurs.

Un accident en cours de production ou de stockage, un retard de livraison et c’est tout un lot ou tout un camion qui part au rebut. La jeune pousse française Biotraq, installée dans la pépinière du marché international de Rungis, Rungis & Co, propose de déterminer la qualité d’une denrée périssable en fonction de ses conditions de transport, de stockage et de distribution. Les paramètres de température, de lumière, d’humidité et de vibration sont surveillés en temps réel et leur effet sur la qualité du produit est analysé. Des solutions correctives peuvent être calculées si elles permettent de maintenir la qualité. D’où le nom Biotraq, acronyme des trois mots « biologique », « traçabilité » et « qualité ».

Capteurs connectés et analyse de données

La solution fait intervenir des capteurs connectés, de l’analyse de données et l’installation d’interfaces de restitution. « Grâce à cet outil, l’opérateur peut prendre une décision », argumente Biotraq, il peut choisir de « maintenir le produit avec une preuve que sa qualité n’est pas altérée. » Biotraq prend position sur le marché de l’optimisation de la supply chain des produits périssables (médicaments, aliments ou plantes). Afin d’élaborer une solution répondant concrètement aux demandes des professionnels, des prototypes sont en test chez plusieurs clients de la production pharmaceutique et agroalimentaire, dont les noms ne peuvent être divulgués. Ils le seront bientôt du côté de la distribution. L’étape suivante sera l’industrialisation de la solution. Elle couronnera quatre ans de recherche et développement.

En attendant, Biotraq a obtenu le prix coup de cœur du concours Food Waste de Carrefour lors du sommet Hello Tomorrow Global Summit en octobre dernier, et s’est vu décerner la mention « lutte contre le changement climatique » par le ministère de l’Environnement sur le salon Pollutec à la fin novembre. Très récemment, Biotraq a participé au Consumer Electronics Show, salon référent du high-tech, qui s’est tenu du 5 au 9 janvier 2017 à Las Vegas. La start-up avait été sélectionnée par La Poste dans son équipe de France « IoT » (Internet of things, c’est-à-dire Internet des objets) comprenant seize start-up.

Pour se faire remarquer lors de cet évènement mondial, elle a rappelé que 30 % de la production mondiale d’aliments sont jetés chaque année, « soit 1 000 milliards de dollars de nourriture gaspillés ! » et qu’un quart de ce gaspillage a lieu dans la chaîne d’approvisionnement, des producteurs jusqu’aux distributeurs.

L’expertise de Cemafroid et d’AgroParisTech

La jeune pousse espère décrocher une quatrième distinction en février, étant finaliste du concours Mercure HEC. Les entrepreneurs de Biotraq (deux sont mentionnés dans l’encadré ci-dessous) voient trois métiers susceptibles d’adopter la solution en premier : la logistique des produits périssables sur de longues distances ou en très gros chargements (les produits alimentaires de luxe sont visés), l’industrie pharmaceutique (par exemple des vaccins) et les assureurs. Le Cemafroid et AgroParisTech fournissent leur expertise à Biotraq, et le pôle de compétitivité Nov@log, son environnement.

Retour d’expérience du CES

Olivier Duchesne de Lamotte, PDG de Biotraq, et son associé Dominique Cagnon, directeur des systèmes d’information d’AgroParisTech, ont présenté début janvier leur start-up au Consumer Electronics Show, salon du high-tech à Las Vegas. Ils en retirent un « très bon écho » auprès de visiteurs français, ainsi qu’américains, indiens, et d’autres nationalités, européennes et autres. La visite de plusieurs fabricants de réfrigérateurs les a marqués. Ils « trouvaient la solution intéressante pour une traçabilité du produit jusqu’au consommateur », rapportent-ils.

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