Aller au contenu principal

Viande
Abattoirs de proximité : une vingtaine de dossiers en cours

Plusieurs projets d’abattoirs de proximité pour les bovins, ovins ou porcins sont sur le point d’aboutir comme en Côte-d’Or ou en Loire-Atlantique, avec des modèles différents.

Abattoir mobile du projet AALVie. © AALVie
Abattoir mobile du projet AALVie.
© AALVie

Un peu partout en France, des collectifs d’éleveurs se mobilisent autour de la question de l’abattage de leurs animaux. La Confédération paysanne, les Associations pour le développement de l’emploi agricole et rural (Adear) et leurs partenaires accompagnent actuellement une vingtaine de projets d’abattoirs de proximité. « La réappropriation des outils d’abattage par les éleveurs leur permet d’accompagner leurs animaux et de garantir qu’ils soient traités dignement et sans le stress de longs trajets, notamment dans les zones du territoire dépourvues d’abattoirs. Elle assure aussi une réelle traçabilité pour ceux qui sont en circuit court et qui peuvent ainsi rassurer leurs consommateurs », explique Yves-Pierre Malbec, coordinateur national de la Confédération paysanne sur ce sujet, lui-même éleveur d’ovins dans le Lot.

Onze projets d’abattoirs mobiles et six dossiers d’abattoirs fixes sont actuellement gérés par des éleveurs seuls ou avec d’autres membres des filières en SCIC, comme ceux de Die (Drôme) ou de Lacs (Indre). Ce dernier a, en effet, été relancé par les éleveurs après une vidéo qui avait motivé sa fermeture en 2018 et dont le jugement a été prononcé le 7 avril 2021.

Première ouverture prévue en juin

Le premier projet d’abattoir mobile qui devrait voir le jour est une initiative privée en Côte-d’Or avec un abattoir complet en camions, sur le modèle de ce qui se pratique en Suède. Porté par l’éleveuse Émilie Jeannin à l’origine de la marque Bœuf Éthique, il est annoncé pour juin. « Le projet en Loire-Atlantique est tout à fait différent puisqu’il s’agit ici d’un caisson mobile, comme en Allemagne », détaille Yves-Pierre Malbec.

La chercheuse de l’Inrae Jocelyne Porcher avait alors participé à des réunions régionales d’éleveurs sur l’abattage. « Cette question a un vrai impact sur la pérennité des élevages dans certains territoires, et nous avons engagé la réflexion sur les abattoirs innovants, alternative aux abattoirs fixes qui sont de moins en moins nombreux. Pourtant, l’abattage de proximité existe en Suède et en Allemagne ou bien encore en Autriche et en Belgique », indique-t-elle.

Pour le responsable, le point de bascule date d’il y a quatre ans lorsque des vidéos, dénonçant certains sites, tournent sur le web : « Même si les vidéos sont critiquables, elles ont fait avancer les politiques avec le projet de loi, puis l’article dans la loi Egalim qui prône l’expérimentation de nouveaux systèmes. »

La réglementation est l’un des éléments qui bloquait en effet ces projets. « Nous accompagnons les groupes d’éleveurs qui se mobilisent, car l’élevage paysan a besoin de ces outils pour pérenniser des élevages extensifs, dans les différents territoires et répondre aux demandes des consommateurs pour de réels circuits courts. L’abattage est bien l’aboutissement de l’élevage. Nous ne voulons pas abandonner nos animaux à ce moment-là. Nous voulons être certains de leur bientraitance. Sans oublier que réduire le stress des animaux a aussi un impact sur la qualité de la viande », résume Yves-Pierre Malbec.

Loire Atlantique : le projet AALVie

Dès 2016, des éleveurs de l’ouest de Loire-Atlantique et du nord-Vendée se mobilisent sur l’abattage des animaux sur leur lieu de vie. Le collectif, AALVie compte désormais 200 éleveurs et éleveuses (150 exploitations). Ils ont choisi le principe d’un étourdissement à la ferme, puis la saignée dans une remorque mobile (caisson) avant mise en carcasse dans une unité fixe. Les différents caissons mobiles fonctionnent comme un prolongement de l’abattoir. Le test réalisé en 2020 avec un caisson acheté en Allemagne valide ces choix. Après une première levée de fonds sur Mimosaa, qui a permis d’embaucher Stéphanie Blais-Arrazat, le collectif cherche à rassembler les financements (3,5 M€) pour la construction de l’abattoir sans bouverie à Machecoul (Loire-Atlantique), car il n’en existe aucun dans les 60 km à la ronde.

Les plus lus

des poules oranges
Prix des poules pondeuses – Cotation réalisée le 07 mai 2026

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

Œufs aux drapeaux ukrainien et turc
Œufs : les importations européennes bondissent de 65 % au premier trimestre, l’Ukraine et la Turquie en profitent

Les importations d’œufs de l’Union européenne ont atteint un record sur le premier trimestre 2026. L’Ukraine a progressé, mais…

batau porte conteneur de dos
Viande bovine : la consommation continue de reculer dans l’UE, mais les importations vont bondir en 2026

La consommation par bilan de viande bovine va continuer son déclin en 2026, selon les prévisions de la Commission européenne.…

conteneur bresilien au port
Viande bovine : les exportations brésiliennes pourraient chuter de 10 % à cause de la Chine

Les droits de douane instaurés par la Chine sur la viande bovine vont bientôt conduire à l’arrêt des exportations du Brésil,…

vue en contre plongée, dans une allée entre des conteneurs sur un port
Viande bovine : chute attendue de 13 % des importations chinoises en 2026

La production mondiale de viande bovine est attendue en légère baisse en 2026. Ce alors que le premier importateur mondial, la…

vaches dans une prairie
Quelles sont les conséquences des mesures pour réduire le cheptel laitier aux Pays-Bas sur le marché du lait européen ?

Les Pays-Bas mettent en place un système d’aides pour réduire les troupeaux laitiers. Si les effets à court-terme seront peu…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio