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« 3 supermarchés sur 4 vendent encore des œufs de poules élevées en cage malgré leurs engagements »

Alors que les grandes enseignes de la distribution s’étaient engagées à ne plus commercialiser d’œufs de poules élevées en cage en 2026, l’ONG Anima constate qu’ils sont encore présents dans de nombreux magasins. L’ONG a aussi quantifié les modes d’élevage des ovoproduits utilisés dans les MDD. L’association souhaite remettre la question de la transition vers la production d’œufs en élevages alternatifs au cœur du débat. 

rayon oeufs en gms
Dans cette enseigne, les oeufs de cage sont présents discrétement sur le rayon du haut (photo de 2025)
© Virginie Pinson

73 % des 400 hypers et supermarchés visités par l’ONG Anima vendent encore des œufs de poules élevées en cage, selon le résultat d’une enquête menée en janvier. Cette association animaliste qui veut lutter contre la souffrance animale se concentre actuellement au combat pour interdire l’élevage de poules en cage

Lire aussi : Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

Des engagements il y a dix ans pour arrêter les œufs de cage

« Les huit enseignes leaders de la grande distribution se sont engagées entre 2016 et 2019 à ne plus vendre d’œufs de cage en 2026 », rappelle Keyvan Mostafavi directeur d’Anima, lors d’une conférence de presse. Une démarche « issue de la mobilisation de la société civile, avec beaucoup d’enquêtes d’associations » continue-t-il, mais aujourd’hui « ¾ des supermarchés vendent encore des œufs de poules élevées en cage malgré leurs engagements ! ». 

Lire aussi: Évolution à venir de la cotation des œufs réalisée par Les Marchés

Monoprix, Aldi, bons élèves de l’arrêt des cages

L’association a visité 545 magasins, et a retenu les données de 385 visites (notamment car certains rayons étaient vides et ne permettaient pas d’analyser l’offre). « Certaines enseignes ont plus travaillé que d’autres pour respecter les engagements », résume Keyvan Mostafavi, qui détaille : « sans surprise, Monoprix s’en sort le mieux, un seul magasin vendait des œufs de cage. Plus surprenant le deuxième est Aldi ».

EnseignesPart de magasins où des œufs cage ont été trouvés
Monoprix3,6 %
Aldi26,7 %
Intermarché47,3 %
Carrefour82,9 %
E. Leclerc83,3 %
U95,6 %
Auchan96 %
Lidl98,3 %

« Dans 30 supermarchés, nous avons observé des boîtes non conformes à la réglementation européenne »

Le contexte actuel avec une offre d’œufs insuffisante a certes joué sur les choix de la grande distribution. « Mais le contexte est le même pour tout le monde » nuance Keyvan Mostafavi, qui évoque « des boîtes no-name de code 3, clairement du dépannage chez Monoprix, Aldi et Intermarché, tandis que d’autres ont visiblement une offre toujours présente en cage ». Il juge que cette présence d’œufs cage « de dépannage » concerne 5 % des magasins. Monoprix, Aldi, Intermarché explique que 98 % des œufs vendus dans leurs enseignes respectives fin 2025 étaient hors cage, mais que les 2 % restant étaient liés à du dépannage dans le contexte de tension.

Lire aussi : Ovosexage : fin de l’accord de financement, qui va payer ?

Non-respect de la réglementation européenne sur la mention du mode d’élevage

Plus alarmant « dans 30 supermarchés, nous avons observé des boîtes non conformes à la réglementation européenne. Elles ne mentionnent pas le mode d’élevage, des boîtes d’œufs cage ‘invisible’ ». Il cite 18 Auchan, 7 Intermarché, 4 Lidl et 1 Super U. « Nous n’avons pas rencontré d’œufs ukrainiens au cours de nos visites en hypers et supers, mais nous en avons effectivement remarqué dans des épiceries de quartiers qui ne sont pas incluses dans l’enquête », ajoute le directeur de l’ONG. 

Une transition en marche sur les ovoproduits

Avec des relevés en magasins et des échanges avec les enseignes, Anima a cherché à quantifier l’état de la transition des ovoproduits utilisés dans les MDD. « Les GMS s’étaient en effet engagées à ne plus vendre d’œufs coquille de code 3 à partir du 1er janvier 2026, mais aussi à ce que leurs produits sous marque distributeurs n’en contiennent plus » rappelle Keyvan Mostafavi. « Les enseignes ont fait de bons progrès », se réjouit-il. Anima s’est concentrée sur 25 produits MDD, madeleines, raviolis frais, brioches…

 « Les enseignes ont fait de bons progrès »

EnseignesProportion du panier de 25 produits avec des ovoproduits hors cage
Lidl 100 %
E. Leclerc  96 %
Monoprix 90,9 %
Aldi 89,5 %
U70,8 %
Auchan68,2 %
Intermarché66,7 %
Carrefour52,2 %

Lire aussi : Tension sur les œufs : « les projets de substitution deviennent une priorité pour nos clients industriels »

« Lidl nous a indiqué que 100 % de leurs produits à marque propre sont élaborés à base d’œufs hors cage », précise Keyvan Mostafavi, qui note le bon positionnement dans la transition d’enseignes étant pourtant axées sur les prix. La mention du mode d’élevage pour les ovoproduits n’est pas obligatoire « mais Lidl et Aldi l’indiquent très largement » précise le directeur d’Anima. 

Avancer sur la sortie de l’élevage de poules pondeuses en cage

L’ONG milite pour l’interdiction de l’élevage de poules pondeuses en cage dans l’Union européenne, avec des mesures miroirs pour empêcher les importations. « Le sujet est très important, mais cela fait quelques années qu’on en parle plus » regrette le directeur d’Anima, qui constate que la part des poules élevées en cage a « chuté très vite, et très rapidement, mais depuis quelques années, la transition stagne ».

« Le sujet est très important, mais cela fait quelques années qu’on en parle plus »

En 2025, 23 % des poules françaises étaient élevées en cage aménagées selon les derniers chiffres du CNPO.  

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