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Les grossistes de la viande fêtent 50 ans de présence à Rungis

Malgré la baisse du nombre d’opérateurs, la place de Rungis abrite toujours une très grande diversité de produits carnés et constitue un bastion du commerce traditionnel et de la restauration.

De g à dr : Jean-Raymond Dumas, président d'Interbev Ile-de-France, Gilles Gauthier (Culture Viande), Christophe Deplanche (président des grossistes en viande), Gino Catena (volaille), Stéphane Layani (Semmaris), Jean-Jacques Arnoult (triperie) Jean-Baptiste Cassagnes (Akanea), Olivier Pellosio (Porcgros)
© Bruno Carlhian

Les grossistes en viande de la région parisienne, qui ont déménagé des abattoirs de la Villette et des Halles de Paris en janvier 1973, célèbrent pendant trois jours (du 6 au 8 juin) les cinquante ans de leur présence sur le MIN de Rungis. De multiples visites et animations vont se succéder autour d’un village professionnel, au confluent des pavillons de la viande, de la volaille, du porc et de la triperie.

Alors que les polémiques se sont succédé ces dernières semaines sur le rôle de l’élevage et de la viande, le président de la Semmaris Stéphane Layani a rappelé mardi 6 juin que les produits carnés constituaient toujours un pilier de l’activité du marché avec 280 000 t commercialisées et un chiffre d’affaires de 1,6 Mds€ en 2022. « A Rungis, la viande se porte bien », a-t-il assuré, annonçant « une croissance de 2% des volumes en 2022 » et un début d’année 2023 « favorable », avant de promettre la modernisation prochaine du pavillon de la viande (V1P). « La place de Rungis constitue toujours un pôle d’attraction pour les entreprises du secteur, à tel point que certains opérateurs historiques ont parfois du mal à s’étendre », a confirmé Jean-Jacques Arnoult, représentant des grossistes en produits tripiers.

Réduction du nombre d'opérateurs en 50 ans

Ces cinq dernières décennies, le paysage de la viande a cependant beaucoup changé à Rungis, ont témoigné les nombreux responsables professionnels présents lors de l’inauguration de ces journées. « Lorsque notre entreprise familiale est arrivée à Rungis, on comptait 23 entreprises de découpe porcine, il n’en reste aujourd’hui que cinq », se souvient Olivier Pellosio, directeur de Porcgros, dont la société existait du temps des Halles de Paris. La réduction du nombre d’opérateurs a également été drastique à la viande (passée de deux à un seul pavillon), à la volaille ou encore à la triperie, quelques grands acteurs (Cooperl, Bigard, Agrial, etc.) dominant désormais l’activité.  « Lors de l’installation du porc à Rungis, nous y occupions pourtant la plus petite case », se remémore Jean-Paul Bigard, dont l’entreprise occupe aujourd’hui une place prééminente dans les pavillons du porc, mais aussi de la viande, depuis la reprise des sociétés BBV, Lag et Sovia.

Une offre qualitative privilégiant une clientèle de détaillants et restaurateurs

Dans le même temps, le marché a pris une orientation résolument qualitative, privilégiant la clientèle traditionnelle (détaillants et restauration) à celle de la grande distribution. « Si nous vendons de la qualité, c’est que nous avons une clientèle de bouchers particulièrement exigeante », a relevé Stéphane Layani. « Tous les bouchers d’Ile-de-France sont clients ici d’une manière ou d’une autre », confirme Laurent Callu, le président de la fédération de la boucherie et des métiers de la viande de Paris-région parisienne. L’importance prise par l’importation tant sous le pavillon des viandes que de la triperie inquiète cependant aujourd’hui les professionnels français. « Si l’import a toute sa place, j’aimerais voir refleurir un peu plus de viande française, notamment de bœuf, de veau et d’agneau sur l’ensemble des pavillons et j’aimerai que nous agissions collectivement pour cela », a lancé Gilles Gauthier, le président de Culture viande, la fédération des industriels et des commerçants en viande.

 

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