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3 questions à
L’AOP Porc Grand Ouest veut « travailler pour les transformateurs »

Jacques Crolais, directeur de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne et de l’Association des organisations de producteurs de Porc Grand Ouest.
Jacques Crolais, directeur de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne et de l’Association des organisations de producteurs de Porc Grand Ouest.
© UGPVB

Les dix organisations de producteurs de porc du Grand Ouest sont associées depuis septembre 2021 dans l’AOP Porc Grand Ouest. Quel est le chantier collectif en cours ?

Jacques Crolais - Du fait de l’interdiction de la castration à vif des porcelets, en vigueur depuis le 1er janvier 2022, des porcs non castrés vont arriver au printemps dans les abattoirs. L’équité de paiement des éleveurs entre mâles castrés et entiers nous paraît essentielle. Il faut aussi que les surcoûts de production des mâles castrés puissent se répercuter tout au long de la filière. L’AOP Porc Grand Ouest (qui a conclu un accord avec Kermené en début d’année sur la castration des porcs, NDLR) est en pleines négociations, nous ne pouvons en parler pour l’heure. Par ailleurs, il nous paraît aussi essentiel d’unifier le protocole de contrôle des carcasses odorantes parmi celles de mâles entiers, et que la qualification soit garantie par un tiers. Cela empêchera les distorsions de concurrence entre abattoirs, et les transformateurs auront une garantie. L’UGPVB a demandé à Uniporc Ouest, déjà garant de la pesée et du classement, de mettre au point le protocole de détection d’odeurs, et de garantir ensuite sa bonne exécution. Cette garantie sera un gage de préservation de la valeur pour les producteurs et pour les transformateurs.

Avez-vous un autre chantier intéressant directement l’industrie de la salaison et de la charcuterie ?

J. C. - Dans le même état d’esprit de répondre à la demande du marché, l’AOP veut travailler pour les transformateurs. Nous avons impulsé un programme de recherche, labellisé par Valorial, sur la prédiction de la qualité technologique des jambons. Nos OP (organisations de producteurs, NDLR) et l’Institut du porc ont noué le dialogue avec les abatteurs afin de mettre au point une méthode de qualification des pièces faisant autorité, garantie par Uniporc Ouest, qui permettra de trier les carcasses à l’abattoir. Pour nous les OP, cette qualification à venir nous permettra d’engager des démarches de progrès en élevage pour, par exemple, minimiser la production de jambons déstructurés.

De quelle façon l’AOP Porc Grand Ouest va aider les OP à répondre aux demandes de production de porcs sous certification environnementale ?

J. C. - Nous sommes en phase exploratoire des attentes du marché en matière de décarbonation et de certification environnementale des élevages de porcs. Une enquête approfondie est lancée. Nous voulons savoir quels seront les leviers de valorisation du porc décarboné, sous certification environnementale de niveau 2 ou HVE. Au-delà de ces questions, il nous importe d’inscrire dans la durée l’élevage à capitaux familiaux. C’est pourquoi notre action collective est indispensable. Il me semble qu’il y a de la fierté, à l’aval de la filière, de mettre en avant la production d’éleveurs investis dans leurs organisations de producteurs et leur territoire.

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