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Lait : la déconsommation se poursuit

Syndilait a profité de l’annonce de ses prochaines Journées Mondiales du lait pour faire un point sur la situation de cette filière française qui produit la protéine la moins chère du marché.

Eric Forin, président de Syndilait à droite et Emmanuel Vasseneix, vice-président à gauche, à la Maison du lait le 17 mai.
© Adocom

A l’occasion des Journées Mondiales du lait qui se dérouleront du 27 mai au 17 juin avec des portes ouvertes dans les principales laiteries de France pour faire découvrir au grand public, depuis 2014, les usines et l’univers du lait, la filière française a présenté aujourd’hui, mercredi 17 mai, les derniers chiffres de marché.

Ainsi, si la consommation de lait avait connu une embellie significative au moment du Covid, « avec un regain d’intérêt pour le fait maison », la lente érosion a repris en 2022. « C’est une baisse structurelle que l’on connait depuis plusieurs décennies, avec -2 à -3 % par an, explique Eric Forin, président de Syndilait et directeur général de Candia (Sodiaal). Cette déconsommation progressive est à mettre sur le compte de la disparition du petit déjeuner traditionnel en famille et de l’usage du lait en cuisine qui se perd. » En 2022, les Français ont consommé 2,65 milliards de litres de lait contre 2,76 en 2021, soit -3,9 %.

Le lait français, souverain et durable

Avec 96,5 % de lait français commercialisé en GMS, la filière s’enorgueillit de jouer son rôle dans la souveraineté nationale. « Nous avons fait d’énormes efforts et les résultats sont là , approuve Emmanuel Vasseneix, vice-président de Syndilait et directeur général de LSDH, aujourd’hui, 2,8 milliards de litres de lait sont collectés en France et on peut noter une diminution de 90 % du lait importé par rapport à 2015 ». Ce produit de notre terroir est resté à petit prix, 1,07 euro le litre en moyenne en 2022, soit + 7,9 % par rapport à 2021, alors que l’ensemble des produits alimentaires affiche +12,6 % sur la période. « Mais attention, il faut maintenir une rémunération équitable pour les éleveurs et les transformateurs afin de poursuivre les investissements indispensables pour mener à bien notre démarche de progrès », note Emmanuel Vasseneix, qui évoque notamment la durabilité des emballages, l’incitation au tri pour le recyclage, le travail mené sur les bouchons attachés et les briques en 100 % fibres. « Tout cela sans jamais jouer avec la sécurité alimentaire de nos aliments, qui reste notre principale vigilance. »

Les professionnels contre la nouvelle classification du Nutri-Score

Depuis 1999, le lait et les jus de fruits français bénéficient de la garantie IPLC, laquelle est une démarche volontaire qui consiste à faire contrôler chaque année les entreprises tout en procédant à des prélèvements réguliers en magasins. « Le cahier des charges de cette démarche apporte une garantie supplémentaire pour le consommateur en termes de sécurité, de santé, de valeur nutritionnelle, d'hygiène », reprend le vice-président de Syndilait. Alors malgré tous ces efforts pour fournir aux consommateurs un produit tricolore, source de protéines, de calcium, « le premier aliment de la vie », la filière s’insurge par la voix de son président, Eric Forin, que le lait ait été classé parmi les boissons par le Nutriscore. « Le lait est un aliment à part entière, et ne peux être comparé à l’eau. Il ne désaltère pas, il est composé de multiples ingrédients dont les protéines, le calcium, les vitamines… fondamentaux pour l’être humain. Ce n’est pas une simple boisson que l’on classe selon son taux de sucre. Nous appelons à ramener du bon sens pour ce qui est du lait. »

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