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Sécurité alimentaire
La flambée des prix des poudres de lait, une menace pour l’Afrique de l’Ouest

Dans son rapport annuel sur les marchés mondiaux des produits laitiers, l’Institut de l’élevage rapporte que l’Afrique dépend de plus en plus des importations de poudres de lait. La flambée des cours est donc une menace pour les pays de la zone.

© Virginie Pinson

Les filières laitières peinent à se développer en Afrique de l’Ouest, car la production est éclatée, située à distance des zones de consommation que sont les métropoles et que le maintien de la qualité sanitaire est complexe à gérer. Moins de 10 % du lait produit est ainsi collecté.

Une demande de poudres de lait très forte

Or la demande explose dans ces pays en pleine expansion démographique. D’où un recours accentué aux importations, notamment de laits en poudre (maigre, grasse, ou réenrichies en matières grasses végétales). Ces dernières, appelées aussi poudres MGV moins onéreuses que les poudres de lait traditionnel ont connu un réel essor.

Qui exporte des poudres de lait réengraissées vers l’Afrique ?

L’Europe a envoyé 464 000 tonnes de poudres de lait vers la zone Cedeao (Afrique de l’Ouest) en 2021, rapporte l’Idele, qui précise que c’est 7 % de plus qu’en 2020. Parmi ces volumes, 340 000 t sont des MGV. L’Irlande en est le premier exportateur (150 000 t, 20 % de plus qu’en 2020), suivi par la Pologne et les Pays-Bas qui pèsent pour 60 000 tonnes chacun.

Flambée des prix des poudres MGV

Le marché des MGV vers l’Afrique reste croissant, mais leur poids dans le total des exportations des poudres s’est effrité, passant de 78 % en 20158 à 74 % en 2022. Ce qui s’explique, selon Idele, par la flambée des prix de l’huile de palme, ingrédient clé des MGV (+30 % en un an et +200 % par rapport à 2018).

Quelles perspectives pour 2022 ?

Alors que les cours des poudres de lait comme ceux des huiles végétales flambent cette année, la demande de l’Afrique de l’Ouest, très sensible au prix, pourrait bien se tasser cette année dans plusieurs pays. Le Nigéria, premier importateur de la zone, profite néanmoins des prix élevés du baril de pétrole.

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