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De combien les événements climatiques extrêmes font monter les prix agricoles et alimentaires ?

Le dérèglement du climat engendre une augmentation de la fréquence des événements climatiques extrêmes, sécheresse, hiver très humide, vague de chaleur, inondation… qui ont des conséquences négatives sur les rendements des produits agricoles, ce qui conduit à une hausse des prix alimentaires mondiaux.

Transition climatique : sécheresse, inondation, soleil
Une récente étude montre que les hausses des prix alimentaires depuis 2022 sont souvent corrélées à des chaleurs, inondations ou sécheresses.
© Généré par IA

Une hausse de 22 % des prix des pommes de terre au Royaume-Uni après un hiver 2024 très humide, un bond de 50 % des prix de l’huile d’olive en Espagne et en Italie après la sécheresse 2022/23 et une flambée de 280 % des prix mondiaux du cacao après la vague de chaleur de février 2024 en Afrique de l’Ouest. Voici quelques conséquences sur les prix des produits agricoles du dérèglement du climat selon une étude de Maximilian Kotz et al publiée fin juillet dans Environmental Research. 

Lire aussi : Filières animales : les 40 plus grands fabricants mondiaux menacés par le changement climatique

Canicule, pluies, inondations font monter les prix agricoles

Si la baisse des rendements résultants d’événements climatiques extrêmes est toujours le déclencheur des envolées des cours des produits agricoles, ces prix dépendent tout de même aussi d’autres facteurs socio-économiques, de la spéculation, nuancent les chercheurs. Les transports, parfois perturbés par les inondations, sont aussi un facteur clé. Parmi les pics de prix alimentaires étudiés sur les dernières années, la plupart étaient associés à des canicules, inondations et fortes pluies dont l’intensité dépassait tous les historiques. 

Lire aussi : Inondations au Brésil : 33 millions d’euros perdus pour le secteur de la volaille 

Les chercheurs citent l’exemple des vagues de chaleur qui ont frappé l'Asie de l'Est en 2024. Elles ont entraîné des températures mensuelles sans précédent dans l'ensemble de la Corée du Sud et du Japon, ainsi que dans de vastes parties de la Chine et de l'Inde. Les statistiques gouvernementales indiquent qu’elles ont engendré des augmentations substantielles du prix du chou coréen (+70% entre septembre 2024 et septembre 2023), du riz japonais (+48% en un an), et de l'ensemble des prix des légumes en Chine (30% d'augmentation entre juin et août 2024). 

Lire aussi : L’alimentation animale, point faible de l’élevage européen, comment mieux résister aux chocs ?

La hausse des prix alimentaires génère des risques sociaux

La hausse des prix alimentaire pèse sur les ménages les plus modestes, d’autant plus que « les hausses des prix les plus prononcées ont lieu dans les pays les plus chauds et les plus pauvres », alertent les auteurs de l’étude. Ces hausses entraînent des répercussions sur la santé des populations qui se tournent vers des aliments moins chers mais moins nutritifs. Elles frappent aussi souvent les fruits et légumes. Dans les économies en développement, les hausses des prix alimentaires accentuent aussi fortement dans l’inflation générale et pèsent sur l’économie des pays. 

« les hausses des prix les plus prononcées ont lieu dans les pays les plus chauds et les plus pauvres »

Étudier les températures pour prédire les prix agricoles

Les auteurs insistent sur l’importance de s’adapter à ces phénomènes climatiques, notamment en développant les prédictions météorologiques. Disponibles pour le producteur, elles permettent de mieux adapter le choix des cultures. D’autant plus que l’irrigation n’est pas une solution évidente en temps de sécheresse puisque la compétition pour les usages de l’eau s’installe. C’est le cas en Catalogne où une loi récente demande qu’elle soit réduite de 80 % dans ces périodes. 

Les modèles météo permettent aussi de mieux prédire les évolutions de prix. Par exemple, HSBC a récemment montré que les températures sont désormais un meilleur indicateur pour prévoir les prix des denrées alimentaires en Inde que les niveaux de stocks utilisés historiquement dans leurs modèles financiers.

Contexte climatique des récentes flambées des prix agricoles

Type d'évenementDateLieuConséquence sur les prix alimentaires
Sécheresse2023BrésilHausse des prix du café de 55 % sur un an en août 2024
Sécheresse2023MexiqueHausse des prix des fruits et légumes de 20 % sur un an en janvier 2024
Sécheresse2022Californie 
et Arizona
Hausse des prix des légumes de 80 % sur un an aux Etats-Unis
Sécheresse22/23Italie 
et Espagne
Hausse des prix de l'huile d'olive de 50 % sur un an en janvier 2024 après 
la sécheresse de 2022/23
Sécheresse2023IndonésieHausse des prix du riz de 16 % sur un an en février 2024 après la sécheresse de 2023
Inondation2024Royaume-UniHausse des prix des pommes de terre de 22 % entre janvier et février 2024 après l'hiver très pluvieux
Inondation2022PakistanHausse de 50 % des prix alimentaires en zone rurale dans les semaines suivant les inondations d'août 2022
Inondation2022AustralieHausse de 300 % des prix des salades en juin 2022 après les inondations du printemps
Chaleur2024Afrique 
du Sud
Hausse de 36 % des prix du maïs en avril 2024 après la vague de chaleur de mars
Chaleur2024Ghana et 
Côte d'Ivoire
Hausse des prix du cacao de 280 % sur le marché mondial en avril 2024 après la vague de chaleur de février
Chaleur2024IndeHausse des prix des oignons (+89 %) et des pommes de terre (+81 %) au deuxième trimestre 2024 après la vgue de chaleur de mai
Chaleur2024ChineHausse de 30 % des prix des légumes entre juin et aout 2024 après la vague de chaleur d'août
Chaleur2024Corée du SudHausse de 70 % des prix du chou à kimchi sur un mois, en septembre, après la vague de chaleur d'août
Chaleur2024JaponHausse de 48 % des prix du riz sur un an en septembre 2024 après la vague de chaleur d'août

 

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