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Fini le steak végétal, encore un décret publié

Le nouveau décret interdisant l’utilisation de dénominations de produits animaux pour les produits végétaux vient d’être publié au Journal Officiel.

rayon vegan en magasin
Le steak de soja n'est plus légal, l'émincé oui.
© Virginie Pinson

Mis à jour le 01/03 avec réaction de Culture Viande

C’est une des mesures du plan de souveraineté sur l’élevage annoncé dimanche au Salon de l’Agriculture par Marc Fesneau, et déjà auparavant lors du Sommet de l’élevage, les produits végétaux ne pourront plus utiliser de dénominations animales. Le décret est paru au journal officiel de ce mardi 27 février. Pour rappel, un décret en ce sens était déjà paru en 2022 avant d’être suspendu par le Conseil d’Etat quelques mois plus tard. Il est probable que ce nouveau décret fasse aussi l’objet d’un contentieux au niveau de la Cour de justice européenne.

Quels sont les termes interdits pour les produits végétaux ?

La liste est publiée dans le décret. On y trouve 19 termes faisant référence aux produits (Filet ; Faux filet ; Rumsteck ; Entrecôte ; Aiguillette baronne ; Bavette d'Aloyau ; Onglet ; Hampe ; Bifteck ; Basse côte ; Paleron ; Flanchet ; Steak ; Escalope ; Tendron ; Grillade ; Longe ; Travers ; Jambon) ainsi que les mentions Boucher/Bouchère et Charcutier/Charcutière.

Lire aussi : Viande : Où sont les abattoirs menacés de fermeture en France, et pourquoi ?

Il reste possible d’utiliser certains termes si les teneurs en protéines végétales sont sous des seuils fixés, par exemple moins de 3 % sur l’extrait sec pour le blanc de volaille, moins de 3,5 % sur le cordon-bleu et moins de 2 % sur les merguez. 

Tous les produits végétaux sont-ils concernés ?

« Les produits légalement fabriqués ou commercialisés dans un autre État membre de l'Union européenne ou dans un pays tiers » peuvent toujours utiliser ces dénominations animales. Ce qui est vivement dénoncé par les entreprises françaises du végétales qui y voient une concurrence déloyale. La Vie, le fabricant d’alternatives végétales au jambon et lardon, l’avait déjà contesté en 2022, et relance une campagne de communication.

Nicolas Schweitzer, co-fondateur et dirigeant de la marque réagit par communiqué « Au détriment d’acteurs français comme La Vie™, ce nouveau décret favorise les filières étrangères qui produisent en dehors de l’Europe et pourront donc continuer à commercialiser des "steaks végétaux" en France. Ce décret est en total décalage avec les ambitions du pays en matière de réindustrialisation et de climat.» Même réaction chez les fondateurs d'HappyVore qui déplorent, toujours par communiqué, « cette mesure crée une inégalité de traitement entre les entreprises françaises et étrangères, entravant ainsi la concurrence et l'innovation sur le marché des alternatives végétales ».

Quand entre en vigueur l’interdiction d’utiliser les dénominations animales ?

Les dispositions du décret entrent en vigueur le premier jour du troisième mois suivant sa publication, soit le 28 mai. Les denrées fabriquées ou étiquetées avant cette date peuvent être commercialisées jusqu’à épuisement des stocks ou jusqu’au 27 février 2025. 

Réaction favorable à Interbev et Culture Viande

Ce décret est «une nouvelle significative» a réagit Jean-François Guihard, président d'Interbev et boucher, justifiant, « Notre position n'est pas en effet de nous opposer à la commercialisation des protéines végétales transformées (PVT). Notre préoccupation réside dans l'utilisation des codes et appellations traditionnellement associés à la viande pour commercialiser ces alternatives végétales. Car cette pratique peut induire en erreur les consommateurs ». Même ton favorable dans un communiqué de Culture Viande où l'on peut lire "Culture Viande avait dénoncé des pratiques qui consistent à utiliser la notoriété, les valeurs nutritives, le plaisir, l’image et le patrimoine gastronomique liés aux viandes et aux charcuteries pour commercialiser des produits végétaux. ".

 

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