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Produits laitiers : le pivot chinois, d’importateur massif à exportateur émergent

La Chine demeure un importateur considérable de produits laitiers, mais on observe un développement net de ses exportations, notamment de poudres de lait, ces dernières années, qui devrait se confirmer en 2026. Le pays est à même de rajouter une certaine pression sur un marché mondial des produits laitiers déjà bien chaotique. 

stand yili sur un salon
Yili, comme Mengniu, développe ses envois hors de Chine
© Virginie Pinson

55 000 tonnes, c’est ce que devrait exporter la Chine, en poudre de lait entier, en 2026, selon les prévisions de l’USDA. C’est peu en regard des 420 000 tonnes qu’elle devrait importer dans le même temps. Mais c’est tout de même plus du double des importations réalisées en 2024. 

Lire aussi : Produits laitiers : la Chine impose jusqu’à 11,7 % de droits de douane définitifs à l’UE à partir du 21 février

En poudre de lait écrémé, même tendance. En 2026, les exportations sont attendues à 10 000 tonnes, une fraction des 290 000 tonnes importées mais tout de même cinq fois plus qu’en 2024. 

Enfin, en lait liquide, l’USDA s’attend à des exportations à 40 000 tonnes, soit 33 % de plus qu’en 2024, contre des importations à 660 000 tonnes, en baisse. 

Lire aussi : Produits laitiers : un record d’échanges sur le marché mondial

Qui achète les produits laitiers chinois ? 

La moitié des exportations laitières chinoises sont constituées de poudre de lait et sont dirigées vers Hong Kong, l’Asie du Sud-Est, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie centrale. Ces volumes demeurent très faibles en regard des exportations de l’UE, de l’Océanie et des États-Unis mais reflètent un changement stratégique fort de la Chine. Le pays bénéficie d’une compétitivité nette, d’une logistique à bas-coûts et d’une proximité géographique à même de mettre des bâtons dans les roues des exportateurs historiques.

« Montrer notre savoir-faire, la qualité de nos produits »

Un représentant du groupe Yili, rencontré au sommet mondial du lait à Paris en 2024 expliquait justement « le but de notre présence est de montrer notre savoir-faire, la qualité de nos produits. Nous ne prévoyons pas d’exporter en France, mais nous pouvons, ici, rencontrer des importateurs d’autres pays qui nous verront à rang égal avec les grands groupes européens ».

Lire aussi : Produits laitiers : qui fournira le marché mondial en 2034

Une crise du lait en Chine

La filière laitière chinoise s’est fortement développée depuis les années 2000 avec l’aide du gouvernement. Mais depuis le Covid et l’éclatement de la bulle immobilière, la consommation marque le pas, d’autant plus que les naissances ont chuté. C’est pourquoi la Chine est en capacité d’exporter des produits industriels basiques. 

Mais la Chine dépend toujours des importations

En beurre, en fromage et en poudre de lait infantile, c’est-à-dire en produit de qualité supérieure, la Chine demeure, pour le moment, dépendante des importations. C’est aussi le cas en poudre de lait et de lactosérum, pour la fabrication locale de produits haut de gamme, dont les cahiers des charges s'appuient sur des propriétés spécifiques et ne sont pas revus fréquemment. C'est pourquoi l'USDA table sur une dépendance de long terme aux importations, mais sur une tendance baissière. 

Lire aussi : Poudre de lait : quel est le potentiel à l’export de l’Inde

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