« Une installation ovine raisonnée et raisonnable »

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Pauline Jouve, 32 ans, produit des agneaux Label rouge dans le Cantal. Crédits : © L. Hugon

Pauline Jouve, dès son plus jeune âge, accompagnait ses grands-parents et sa tante en montagne pour garder les brebis. Son attrait pour les ovins allait guider tout son parcours, jusqu’à élever ses propres brebis au pied du Mont-Journal dans le Cantal à Videt.

« Déjà lorsque j’avais cinq ans, j’avais développé une passion pour les moutons. J’attendais avec impatience les vacances en compagnie de mes grands-parents et de ma tante, qui élevaient un petit troupeau de 150 brebis et des vaches laitières. Nous partions en début d’après-midi sur un parcours qui nous conduisait au soir, c’était le plaisir des vacances.

J’ai très vite acquis une certitude quant à mon avenir : vivre dans les montagnes du Cantal, au contact de la nature et avec des brebis. La rencontre avec ma compagne, Maëva, a été aussi déterminante car nous avons souhaité construire un projet à deux. Fille d’éleveur, Maëva espère me rejoindre dès que cela sera possible.

Une première expérience dans les espaces verts

Je me suis d’abord engagée dans une tout autre voie que l’élevage. Forte d’un bac et d’un BTS en Aménagements Paysagers, j’ai assuré l’entretien des espaces de la commune de Roffiac à Saint-Flour pendant cinq ans. Cet emploi m’a tout de même permis de rester fidèle à ma volonté de travailler dehors et en contact avec la nature.

Le métier me plaisait mais j’avais envie de monter ma propre structure, être indépendante, travailler avec les brebis, être au grand air, en lien avec l’environnement et les paysages de mon département. Je voulais aussi un cadre de travail qui me corresponde.

Une tentative soldée par un échec

J’ai d’abord envisagé de m’associer avec mon beau-père qui élevait des veaux sous la mère en créant un atelier ovin.

J’ai réalisé un stage parrainage et malgré une très bonne entente, nous n’avions pas les mêmes attentes et la transmission lui paraissait difficile. C’était un nouveau projet avec des investissements, et il manquait des hectares.

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À la rencontre du cédant et de son exploitation

Pauline Jouve avec son chien Border Collie
Pauline a réfléchi son installation en termes de taille de cheptel, surfaces, bâtiments existants, afin de limiter les investissements sur le matériel. © L. Hugon
Je suis partie en quête de surfaces et c’est ainsi que j’ai fait la rencontre de Daniel. Le courant est bien passé entre nous. Daniel souhaitait transmettre, installer des jeunes, et le passage des vaches laitières à des brebis lui a plu. Pour ma part, j’ai toujours préféré les brebis avec lesquelles je me sentais plus à l’aise.

Ça y est, j’ai trouvé à la Ferrières-Saint-Mary l’exploitation que je recherchais : un bâtiment d’élevage, deux bâtiments de stockage, 45 hectares en propriété, 15 hectares en location, une vue imprenable sur les gorges de l’Arcueil, et c’était chez moi ! Et tout cela avec un investissement raisonnable.

170 brebis et un bâtiment fonctionnel

J’avais constitué une troupe de 100 brebis, je gardais mes agnelles et j’ai acheté 70 brebis. J’ai dû aménager mon bâtiment, adapter les clôtures en m’appuyant sur le plan bâtiment et sur le plan loup. La prédation est une vraie angoisse pour les éleveurs !

Aujourd’hui, je vends mes agneaux en Label rouge à un marchand, mon bâtiment est fonctionnel, j’ai acheté un peu de matériel et un tracteur. Je progresse tous les jours et mon projet se réalise.

J’ai réussi mon pari, m’installer hors cadre familial en maîtrisant mes charges et mes investissements. J’ai le sentiment de faire perdurer l’élevage ovin dans ma famille, je trouve cela beau ! »

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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