Myrtille : « Il y a une vraie demande sociétale sur l’origine française »

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Des représentants de Biocoop (à gauche) ainsi que de BerryWorld France et Fruits Rouges & Co (à droite) ont été invités par l'Association des producteurs de myrtilles de France (APMF) pour échanger sur les enjeux du marché de la myrtille, le 29 septembre au CTIFL La Morinière, en Indre-et-Loire. Crédits : © C. Chazal

Montée en gamme, élargissement du calendrier de production ou encore appel de Biocoop à produire en bio… Plusieurs enjeux clés ont été mis en avant par les professionnels invités à partager leurs points de vue, le 29 septembre en Indre-et-Loire, lors de la journée technique myrtille de l’APMF.

« Le potentiel de développement de la myrtille en France est très fort, mais il y a des conditions », affirme Franck Dieudonné, directeur général chez BerryWorld France, le 29 septembre au centre CTIFL La Morinière, en Indre-et-Loire, lors d’une journée technique organisée par l’Association des producteurs de myrtilles de France (APMF). 

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Ce professionnel juge essentiel de « premiumiser » la production tricolore. « Les vieilles variétés doivent laisser la place aux nouvelles, avance-t-il. Les distributeurs demandent un fruit plus gros, plus juteux, avec un meilleur taux de Brix. Une barquette vendue doit entraîner l’achat de la suivante, et c’est peut-être là-dessus que la France est en retard. » 

Si la qualité des myrtilles étrangères a progressé jusqu’à challenger la filière française, Stéphane Decourcelle, directeur du frais de Fruits Rouges & Co, se veut rassurant. « Je ne pense pas qu’il faille voir l’importation comme un vieux démon et une menace à terme, déclare-t-il. L’importation a permis de populariser la consommation de ce fruit toute l’année, et il y a une vraie demande sociétale sur l’origine française. »

Diversifier les formats de vente

Un autre levier, selon Franck Dieudonné, est la diversité des formats de commercialisation. « Jusqu’à il y a peu, le seul format disponible en France était la petite barquette de 125 grammes, se souvient-il. Depuis quelques années, on voit se développer des formats comme le seau de 500 grammes, le seau de 300 grammes qui arrive, et même le colis de 1 kilo chez Grand Frais. » 

La consommation peut encore progresser en France

Si les achats des ménages français progressent (+27 % en volumes en 2025 et +36,5 % en valeur, selon le CTIFL), les professionnels visent encore plus grand, galvanisés par ce qu’ils observent dans d’autres pays. « Il y a quinze ans, en France, on avait l’habitude de dire qu’on consommait 4 grammes de myrtilles par an et par habitant, contre environ 200 grammes aujourd’hui, explique Stéphane Decourcelle. C’est une belle progression mais on est encore loin des pays anglo-saxons, de la Norvège ou encore de l’Allemagne, nous pouvons donc être ambitieux. » Selon le dernier rapport de l’International Blueberry Organization, la consommation par personne tournerait autour de 1,5 kg au Canada, 0,98 kg en Australie, et 1,2 kg en Allemagne, contre 170 grammes en France. 

Autre indicateur : le taux de pénétration, estimé autour de 20 % en France. « Nos voisins anglais ou scandinaves sont à plus 50% pour la plupart », compare Franck Dieudonné. 

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Des places à prendre en myrtille bio

Présente lors de la table ronde, la responsable de catégorie myrtille chez Biocoop, Chloé Lambert, a lancé un appel très clair aux producteurs présents dans la salle : « Notre objectif, c’est de vous convaincre de produire davantage en bio. On a une croissance à deux chiffres sur ce produit et on cherche beaucoup de producteurs français, surtout sur les créneaux précoces et tardifs. » L’enseigne commercialise 300 tonnes de myrtilles par an, de mars à octobre, en s’approvisionnant aussi en Espagne et au Portugal. « On privilégiera toujours la France, promet la responsable. Peu importe le prix, on coupe l’import dès que le marché français le permet. »

Ne pas oublier le créneau de mai

Elargir la période de production est un autre défi répété lors de l’événement. « On est réduit à trois mois de campagne, c’est trop court pour occuper le marché français et fidéliser les clients sur l’origine France, regrette Côme Lapierre, président de l’APMF. Il y a de la place sur le créneau tardif, mais j’ai aussi envie de passer un message sur le mois de mai. » A bon entendeur…  

La myrtille en plein boom

Dans le monde, la consommation a pratiquement doublé tous les sept ans, depuis vingt ans. 

Production mondiale : 2,3 Mt en 2025. 

Production française : entre 3.500 et 4.000 t en 2026 (estimations), en dessous du potentiel. 

En France, la production nationale couvre 20% de la consommation. 

Sources : IBO, APMF et CTIFL. 
 

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