La sécheresse estivale a retardé la levée des couverts et compliqué l’implantation des colzas sur l’exploitation de Mathilde Libert et ses sœurs, à Dainville (62). Mais certaines pratiques déjà mises en place, dont le semis des couverts à la volée avant moisson, ont révélé tout leur intérêt dans ces conditions difficiles.
« La première conséquence de la sécheresse va être la perte de rendement sur nos cultures de printemps. Cette situation affecte également le démarrage de la nouvelle campagne, notamment les semis de colza réalisés le 24 août. Une partie a été réalisée derrière du pois et l’autre derrière du blé. Les premiers sont magnifiques, les seconds un peu moins. En temps normal, derrière du blé, nous faisons au moins trois déchaumages, notamment pour gérer les pailles.
Cette année, nous n’avons pu en faire que deux, dont un devant le semoir lors de l’implantation des colzas. La conséquence est qu’il reste beaucoup de résidus de paille.
Ils n’ont pas gêné la levée des colzas, mais avec les 100 millimètres de pluie que nous avons reçus début septembre, la paille est maintenant dans des conditions idéales pour se dégrader. Cela va immobiliser une partie de l’azote du sol, qui ne sera plus disponible pour la culture.
Conscientes de ce risque, nous avons anticipé en faisant un apport d’azote minéral (la réglementation autorise ici 30 unités) pour faciliter le développement du colza. Cela nous conforte dans l’idée qu’un colza derrière pois se comporte mieux en année très sèche qu’un colza derrière blé. Il bénéficie de l’azote de la légumineuse et il n’y a pas la problématique des pailles à gérer.
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Un autre constat concerne les couverts. Nous semons depuis cinq ans une partie de mélanges de couverts à la volée avant moisson, à l’épandeur à engrais ou au drone, pour qu’ils lèvent rapidement. Cette année, rien n’a levé pendant l’été. Durant la première quinzaine de septembre, le retour des pluies a permis aux plantes d’entrer en phase de croissance active, même si elles restent petites. Le couvertsera un peu moins dense que d’habitude et produira moins de biomasse, du fait de son retard de développement et des jours qui vont commencer à raccourcir.
Cette sécheresse nous conforte dans l’intérêt de la méthode dans notre système de culture, en année sèche comme humide. Sans cela, il aurait sans doute été difficile de semer des couverts cette année ou alors trop tardivement pour avoir un résultat satisfaisant. »