À l’approche du Sommet de l’Élevage 2026, qui s'ouvrira mardi 6 au 9 octobre à Clermont-Ferrand, son président Jacques Chazalet revient sur les enjeux de cette nouvelle édition.
Le contexte agricole est particulièrement tendu cette année avec une sécheresse dramatique. Le Sommet de l'Elevage est-il impacté ?
Jacques Chazalet : Oui, cette tension existe mais plutôt du côté des exposants. Ils sont dans une stratégie où ils savent qu’il n’y aura pas un grand engouement d’achat et d’investissement agricole cette année. Ceci étant, ce n’est pas la première fois qu’on rencontre des difficultés de cet ordre et, malgré tout, les exposants sont présents.
Le Sommet de l'Elevage est-il une caisse de résonance des revendications agricoles ?
Jacques Chazalet : Il faudrait poser la question aux responsables syndicaux. De notre côté, on ne s’attend pas à des manifestations agricoles pendant le Sommet de l'Elevage. Il y a effectivement des débats syndicaux, la réforme de la PAC, la question du satellite, etc. Mais le Sommet de l'Elevage n’a pas vocation à organiser ces manifestations, c’est avant tout un carrefour et une tribune.
Après l’absence des animaux l’an dernier au Sommet de l'Elevage, leur retour constitue un moment important pour cette édition. Qu’avez-vous mis en place pour garantir leur présence dans de bonnes conditions sanitaires et rassurer les éleveurs ?
Jacques Chazalet : Nous avons un protocole sanitaire mais nous essayons d’avoir le plus de souplesse possible pour permettre l’accès des animaux. Il y a des règles dictées au niveau national. La difficulté qu’on a, c’est que ces règles sont souvent interprétées dans les régions, et nous devons faire en sorte que tout cela s’applique de manière harmonieuse. Nous travaillons donc en concertation avec les services de l’État, les GDS et les services vétérinaires pour trouver cet équilibre et permettre l’accueil des animaux dans de bonnes conditions sanitaires.
Avec le retour des animaux, espérez-vous retrouver, voire dépasser, la dynamique des précédentes éditions ?
C’est clair que nous attendons plus de visiteurs. Nous avions atteint les 120 000 visiteurs en 2024 et on espère être à 125 000 cette année.
Le Sommet évolue aussi dans un contexte où les questions de mobilité et d’accès aux grands événements prennent de plus en plus d’importance. Comment travaillez-vous sur cet enjeu et quels sont les projets envisagés pour faciliter la venue des visiteurs et des professionnels ?
Jacques Chazalet : Alors, nous n’aurons pas encore toutes les navettes prévues avec le projet Inspire, mais on en aura néanmoins quelques-unes. On a aussi la possibilité d’utiliser le parking du sud, donc contrairement à ce qu’il y avait auparavant, les accès se feront depuis les quatre points, donc on espère avoir davantage de fluidité. De toute façon, tout événement digne de ce nom, si ça ne bouchonne pas, ce n’est pas forcément bon signe !
Le machinisme agricole prend une place croissante, notamment avec les démonstrations de matériels cette année. Est-ce désormais un axe stratégique de développement du Sommet ? Jusqu’où souhaitez-vous aller dans cette direction ?
Jacques Chazalet : Oui, tout à fait. Encore une fois, le Sommet de l’élevage, c’est une tribune, c’est un carrefour et nos seuls clients, ce sont les exposants. C’est notre priorité. Si les exposants sont satisfaits, et qu’ils souhaitent revenir et se développer, ça contribue au développement du Sommet de l’élevage. Pour le moment, on est effectivement dans une stratégie où les grands constructeurs de matériel agricole, français comme étrangers, trouvent un intérêt important au Sommet de l’élevage donc il faut garder ça.
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Il y avait justement ce projet d’extension du site avec une troisième halle, est-ce toujours d’actualité ?
Jacques Chazalet. : Oui, mais on en discute avec le Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes. D’abord, on s’est dit qu’il fallait qu’on maîtrise, même si on en a l’usufruit, la parcelle du sud où on fait les démonstrations de matériels agricoles. On souhaiterait que le Conseil régional en devienne propriétaire. C’est en cours et à finaliser. Concernant la troisième halle, c’est aussi dans les tuyaux.
Le volet international prend de plus en plus d’ampleur au Sommet de l'Elevage. Quels pays sont les plus représentés ?
Jacques Chazalet : Il y aura les cinq pays représentés dans le cadre du pastoralisme : la Colombie, la Côte d’Ivoire, l’Espagne, la Mongolie et le Soudan. Et puis il y a le Kazakhstan. Avec ce pays, ce sont des relations qui se sont notamment développées dans le cadre d’un FASEP (Fonds d’études et d’aide au secteur privé), un dispositif qui associe notamment BpiFrance et le ministère des Affaires étrangères. Il y aura donc une grosse délégation du Kazakhstan.
Qu’apporte cette ouverture internationale aux exposants français ?
Jacques Chazalet : Ce sont l’ouverture des marchés. Le Kazakhstan, le Maroc, l’Algérie… Avec l’Algérie, la diplomatie est catastrophique, mais l’économie fonctionne. Il y a tout un tas de constructeurs et de prestataires de services qui travaillent avec ces pays.
2026 est aussi une année particulière, à l’approche de la présidentielle de 2027. Quelle place les responsables politiques auront-ils au Sommet cette année ? Des candidats ou personnalités politiques ont-ils déjà confirmé leur venue ?
Jacques Chazalet : La particularité, c’est qu’effectivement, on attend pas mal de monde. Concernant le nom des candidats, on a eu quelques noms, mais nous n’avons rien d’officiel pour l’instant. Plutôt que d’avoir simplement une déambulation sur les quatre jours, nous voudrions organiser un débat avec les principaux candidats avec les organisations professionnelles, pour permettre à chacun de s’exprimer et nous permettre aussi d’avoir une visibilité assez importante.
Le Sommet de l'Elevage a mis l’accent sur l’élevage durable, le pastoralisme, mais le Massif central ce n’est pas que ça. Comment le Sommet reste un catalyseur de tous les modèles agricoles ?
Jacques Chazalet : Il y a quand même un dénominateur commun au Sommet : on est sur des ruminants et des herbivores. Les herbivores mangent des fourrages et des céréales. Et puis le Sommet de l’élevage, comme on l’a dit, c’est maintenant aussi le rendez-vous des grands constructeurs de matériel. On a cette notoriété-là et les exposants trouvent leur intérêt à venir.