Les cotations des engrais sur le marché physique français ont progressé en septembre 2026, dans un contexte géopolitique toujours aussi tendu.
Les engrais ont renchéri entre les mois d’août et de septembre 2026, de manière plus ou moins forte selon les produits. Les prix des fertilisants azotés ont augmenté de façon plus marquée que les produits phosphatés. Le cours de la potasse n'a guère évolué d'un mois sur l'autre.
C’est l’urée qui enregistre la variation la plus importante d’un mois sur l’autre (+50 €/t), suivie par l’ammonitrate (+35 €/t) et la solution azotée (+25 €/t).
Le marché des engrais azotés est victime de la faible disponibilité en urée à l’échelle mondiale et de la hausse des prix du gaz naturel (élément fondamental de leur production). Le conflit armé entre les États-Unis et l’Iran, de même que la guerre qui oppose la Russie et l’Ukraine, handicape l’extraction du gaz naturel et l’exportation des engrais produits localement, du fait du blocage du détroit d’Ormuz et de la navigation en mer Noire.
Côté achats, les agriculteurs sont relativement bien couverts en ammonitrate, dont la fabrication franco-française par les entreprises Borealis et Yara a permis de maintenir les volumes de production. A contrario, on enregistre un retard de commercialisation en urée et en solution azotée, du fait des difficultés d’approvisionnement et du manque de trésorerie des agriculteurs.
Les professionnels du secteur estiment que seuls 25 % des besoins en engrais azotés sont couverts, contre 50 % à 60 % en temps normal à cette période de l’année. Le stockage, dont les capacités ne sont pas extensibles, et les livraisons, avec des disponibilités en moyens de transport contraints, vont s’en trouver complexifiés sur la fin de l’année, alertent les distributeurs.
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Sur l’ensemble de la campagne de commercialisation 2026-2027, les opérateurs s’attendent à une baisse de la demande des agriculteurs en engrais azotés de l’ordre de 20 %.
Une croissance modérée des prix des engrais phosphatés
Les cotations des binaires, des ternaires, du DAP et du TSP sur le marché physique français ont également suivi une tendance haussière mais moins marquée qu’en engrais azotés, gagnant entre 0 €/t et 10 €/t entre les mois d’août et de septembre 2026.
Le souffre, qui permet de produire l’acide sulfurique nécessaire à la fabrication des engrais phosphatés, ne peut pas être exporté du Moyen-Orient, en raison du conflit qui oppose les Etats-Unis et l’Iran.
Un marché inexistant
Dans ce contexte, le prix de l’unité de phosphore est aujourd’hui rédhibitoire. Le marché français est peu actif, voire inexistant, avec un retard des couvertures qui s’accroît inexorablement.
Une tendance haussière des prix des engrais qui devrait se poursuivre
En termes de perspectives, les cotations des engrais azotés et phosphatés devraient restées fermes. La persistance des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, en Russie et en Ukraine ne plaide pas pour une baisse des prix du gaz naturel et du souffre, éléments de base de la fabrication des engrais azotés et phosphatés. Mais, dans l’absolu, si on assistait à une baisse des cours de ces matières premières dans les prochaines semaines, la détente sur les prix des engrais qui en sont issus arrivera trop tard, en ce qui concerne les livraisons chez l’agriculteur en février.
Le prix de la potasse, qui a progressé de 5 €/t entre août et septembre 2026, devrait rester relativement stable, cet engrais étant extrait de mines situées en Europe.