La récolte n’est pas finie mais la filière myrtille a vu une saison qui s’annonçait excellente durement attaquée par la canicule. Premiers constats.
Article mis à jour le 11/09/26 à 18h avec information sur l'impact canicule en Alsace
« Les variétés récoltées avant la canicule de fin juin ont donné toute satisfaction. Celles qui étaient en cours de grossissement ou en récolte lors de la survenue des canicules ont été très affectées selon l’intensité de la canicule », résume Magalie Léon-Chapoux, référente technique pour l’Association des producteurs de myrtilles de France (APMF) en dressant un premier bilan des dégâts.
Les BSV myrtille nationaux, à partir du 30 juin, rapportent des fruits brûlés, mous ou fripés par les canicules. Les rendements sont en baisse avec des pertes de calibre. « La chaleur a bloqué la photosynthèse et la bonne alimentation hydrominérale, même sur des variétés irriguées. Il y a eu aussi des branches séchées voire des plants entiers », déplore Magalie Léon-Chapoux. Les dégâts sont un peu moins marqués à l’intérieur des buissons mais les baies y sont moins nombreuses et moins gustatives.
Elle constate toutefois que « les vergers bien irrigués avec des protections telles que les filets d’ombrage ou l’aspersion sur frondaison ont été très peu affectés par la canicule ».
La référente technique observe qu’en cas de récoltes altérées, le temps de tri nécessaire a poussé certains producteurs à arrêter de ramasser pour économiser des coûts de main-d’œuvre ou à développer la libre cueillette.
Une variabilité des situations selon les régions
Si les températures ont induit une diminution des calibres dans toutes les régions, les autres impacts sont variables sur le mois de juillet. « L’intensité des dégâts est faible (dans le Grand Est, la Bretagne, l’Auvergne Rhône-Alpes) à très importants selon les vergers en Nouvelle Aquitaine (Les Landes et la Gironde) et le Centre val de Loire », indique le BSV du 5 août.
La canicule a poursuivi ces méfaits tout au long du mois d'août. Lors d'un bilan de la production réalisé le 10 septembre, Fruits et Légumes d'Alsace fait état d'une baisse de rendement en myrtilles de 65 % et anticipe une baisse de potentiel pour les années suivantes.
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Le feu a aussi sévi. Le BSV du 3 août rapporte qu’un verger « d’une trentaine d’hectares en Gironde a subi un incendie : 60 % des myrtilliers ont brûlé ». Des vergers des Landes et Gironde ont été sauvés in extremis par les pompiers.
Parmi les effets secondaires de la canicule, des dégâts causés par les oiseaux venus manger ou piquer les fruits sont signalés. « Des techniciens du réseau nous signalent la recrudescence de rats taupiers sur les jeunes parcelles. Ils cherchent l’eau sous les paillages en toile tissés ou écorces », relate aussi Magalie Léon-Chapoux.
Pour la fin de saison, l’espoir repose désormais sur les variétés tardives comme Centrablue ou Aurora. « Ceux qui en ont sont plutôt contents avec des fruits sucrés et de bon calibre si l’arrosage a pu être maintenu correctement », indique-t-elle.
Des leçons pour l’avenir
« Un défaut d’irrigation avec un goutteur bouché ou des sols trop sableux ont été fatals dans le contexte de sécheresse. Des conséquences sont à attendre pour la suite avec des arbres affaiblis », projette-t-elle. En cas de ressources en irrigation et de sols compliqués, elle conseille de chercher à avoir des arbres plus petits pour qu’ils soient bien alimentés. Elle alerte sur les risques de restreindre les ressources en eau d’ici la fin de l’été : « favoriser une bonne photosynthèse est important pour garantir un plant en bon état l’année prochaine. L’induction florale se fait maintenant. Il ne faut pas négliger l’irrigation et l’état foliaire et maintenir l’irrigation de base de la plante sans la relancer ».
Comment se préparer à la répétition de chaleurs extrêmes et forts ensoleillements ? Elle suggère que le maintien des vergers passe à l’avenir par des investissements tels que « filets d’ombrage, aspersion sur frondaison, variétés adaptées, gestion optimisée de l’irrigation… ».
Une enquête sera lancée à la fin de la saison auprès des adhérents de l’APMF, qui permettra de chiffrer et analyser les dégâts ainsi que de détailler les impacts selon les variétés.