Interrogé par la commission des affaires économiques ce mercredi 14 octobre, Guillaume Faury, président exécutif du groupe Airbus, a défendu l’indice de production satellitaire des prairies. Un indice très critiqué par les organisations professionnelles agricoles.
« Les observations satellitaires sont très indépendantes : j’aime bien dire à mes équipes que les lois de la physique ne répondent pas aux décisions des dirigeants », a déclaré Guillaume Faury, président exécutif du groupe Airbus, ce 14 octobre devant la commission des affaires économiques. Il répondait ainsi au député Union des droites pour la République de la Creuse, Bartolomé Lenoir, qui l’interpellait sur l’indice prairie.
«L’indemnisation des pertes des éleveurs dépend de la fiabilité de données de l’indice de production des prairies. Or sur le terrain, nous ne constatons pas les mêmes dégâts que ceux indiqués par les satellites », avait au préalable avancé le député.
« Les éleveurs demandent une expertise sur place car ils ne se reconnaissent pas dans les estimations retenues », avait-il poursuivi, rappelant que les organisations agricoles demandent aux préfets des expertises sur place. Et d’interroger le patron d’Airbus : « vous engagez-vous à rendre publics les résultats de vos comparaisons entre votre indice et les mesures de terrain et les corrections prévues en cas d’écart ? ».
« Les modèles n’ont pas vocation à défendre les intérêts des uns et des autres »
« Il ne faut pas tirer sur le thermomètre quand il donne une mesure qui ne nous convient pas », a opposé le patron d’Airbus, reconnaissant toutefois être en limite « d’incompétence » sur ce sujet spécifique. Les équipes d’Airbus « travaillent avec les partenaires pour améliorer la compréhension des modèles », a-t-il assuré. Des modèles « qui n’ont pas vocation à défendre les intérêts des uns et des autres » et doivent « au mieux refléter la réalité du terrain ». « Nous sommes en permanence, dans le numérique comme le spatial, en amélioration des modèles », a-t-il aussi ajouté. Le président exécutif du groupe Airbus était principalement auditionné par la commission des affaires économiques pour répondre aux questions relatives au commerce extérieur.
Présent sur le Sommet de l’élevage, le groupe Airbus a déjà été interpellé la semaine dernière par plusieurs organisations agricoles, dont la FDSEA du Cantal, qui a dénoncé dans un post l’absence de réponse du groupe face « à des questions précises ».
Toujours au Sommet de l’élevage, la ministre de l’Agriculture a indiqué avoir demandé le rajout mi-octobre d’une publication de la carte de l’indice prairies à fin septembre, commune par commune.
Elle a également indiqué avoir demandé officiellement à tous les préfets concernés par le sujet de réunir des commissions départementales d’expertise courant octobre.