Côte-d'Or : Eleveurs de Romane, ils diversifient en famille leurs sources de revenus

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Hubert, Lys et Eloi Mony sont installés à Francheville, en Côte-d'Or. Crédits : © D. Séailles
Les élevages d'Hubert, sélectionneur de Romane et d'Eloi, éleveur de Romane croisées Suffolk, sont complémentaires. Crédits : © D. Séailles

Un futur parc agrivoltaïque, une ferme pédagogique et une troupe ovine en plein air : le père, la mère et le fils Mony ont de la ressource pour se diversifier.

À Francheville, en Côte-d’Or, on élève des moutons depuis sept générations sur la ferme des Mony. Installé depuis 1996, Hubert Mony est un passionné de la race Romane de la première heure. « La Romane fait la différence. Avec ses qualités maternelles, elle offre un vrai confort de travail lors des agnelages. Pour des jeunes qui veulent s’installer, c’est un atout », décrit celui qui a aussi été président de l’organisme de sélection. Sa troupe compte à ce jour 400 brebis en sélection, dont 100 agnelles de renouvellement.

Lys accueille des enfants à la ferme

En Gaec avec son mari, Lys Mony anime depuis 2012 des visites pédagogiques sur la ferme cinq mois de l’année. L’ancienne institutrice accueille 950 élèves par an, surtout des maternelles, trois jours par semaine. L’exploitation fait partie du réseau Bienvenue à la ferme et est classée ERP (Établissement recevant du public). Pour assurer un accueil de qualité, le couple a aménagé une aire de pique-nique ainsi qu’une salle chauffée. « La ferme pédagogique fonctionne bien, car nous sommes proches de Dijon mais suffisamment éloignés pour que les enfants soient dépaysés. » Lys y voit un moyen de sensibiliser les enfants à la réalité de l’élevage : « Je veux que les enfants voient une vraie ferme. » En rythme de croisière, la ferme pédagogique fonctionne avec très peu de charges, dégageant un chiffre d’affaires de 18 000 euros par an.

Éloi pâture des surfaces additionnelles

Éloi Mony s’installe progressivement sur la ferme de ses parents. Son certificat de spécialisation ovin et son expérience de tondeur lui ont permis de voir une diversité de systèmes ovins et de mûrir son projet, bien différent de celui dans lequel il a grandi. « Je ne continuerai pas la sélection », explique le jeune homme, qui élève 280 Romane croisées suffolk, pour produire de l’agneau de boucherie. « En sept générations sur cette ferme, il y a eu des mérinos, des Île-de-France, des Romane… C’est dans l’ordre des choses de changer. Je préfère élever des agneaux d’herbe et minimiser les dépenses. » Les ovins d’Éloi sont dehors quasiment toute l’année, à part à l’agnelage. « Le troupeau fonctionne bien sur nos terrains à faible potentiel. »

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Les agneaux, pour l’instant finis en bergerie, partent à 21-23 kilos carcasse. « Je loue 50 hectares de prairies à mon père, mais le foncier limite quand même l’augmentation du nombre de brebis. » Le pâturage de surfaces additionnelles est donc nécessaire. L’hiver, il pâture des repousses de seigle et l’été, pendant cinq semaines, il pratique l’écopâturage pour la ville de Dijon. Une opération qui lui rapporte 20 000 euros, mais qui nécessite d’être sur place 24 heures sur 24.

Hubert se lance dans l’agrivoltaïsme

Un projet agrivoltaïque demande un peu d’endurance. Hubert Mony s’est lancé en 2018, et, neuf ans plus tard, le projet devrait enfin aboutir. « Nous avons passé un contrat de quarante ans et dix ans prolongeables avec l’entreprise TSE. » Vingt hectares de photovoltaïque au sol seront installés, avec des lignes de panneaux espacées de dix mètres.

Le Gaec loue la partie aérienne de la parcelle à TSE. « Nous n’avons rien à débourser », précise Hubert, qui compte faire pâturer ses Romane sous les panneaux. L’installation devrait permettre de produire 8,5 mégawatts, rémunérés autour de 4 000 euros le mégawatt par an. « Cela devrait représenter 35 000 à 40 000 euros par an », estime Hubert.

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