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La Romane ouvre un nouveau chapitre

Lors de son assemblée générale le 3 juin, l’OS Romane a dressé un bilan positif de l’année 2025, qui voit une reprise de la demande en agnelles. Les 18 ans d’engagement du président sortant Hubert Mony ont été salués.

Des brebis Romane dans une bergerie.
La race Romane, ex-INRA 401, est connue pour sa prolificité et ses aptitudes bouchères.
© D. Séailles

L’organisme de sélection (OS) de la race Romane tenait son assemblée générale ordinaire le 3 juin à Francheville, en Côte-d’Or. Président de l’OS depuis 18 ans et installé à Francheville, Hubert Mony a cédé sa place à Didier Canalis, sélectionneur dans l’Aude, non sans émotion. Pour l’occasion, une soixantaine d’enthousiastes de la race, éleveurs, sélectionneurs, techniciens, ont fait le déplacement. Hubert Mony a salué « un résultat positif pour la première fois depuis deux ans », malgré une situation économique « globalement compliquée » pour les organismes de sélection. 

 

Le public assis regarde la passation de pouvoir.

Une soixantaine de personne ont répondu présentes pour une assemblée générale un peu particulière. Crédit : D. Séailles

 

Reprise de la demande d'agnelles Romane

La période 2022-2024 s’est avérée particulièrement rude à cause de la guerre en Ukraine, et de la stagnation du prix de l’agneau. « La Romane est une race de femelles, donc sensible au cours de l’agneau. Quand il va mal, nous aussi, car la demande en agnelles se contracte », indique Christophe Bodard, directeur de l'OS. Du fait de ce contexte compliqué, le nombre de reproducteurs vendus était en baisse depuis plusieurs années. « Nous avons surtout accompagné des installations de petits troupeaux pendant quelques années. »

Lire aussi : "Changer de vie" : dans l'Aude, Nans et Céline se reconvertissent dans l'élevage de brebis Romane

« Mais depuis fin 2024, nous assistons à une vraie reprise. Les installations de troupeaux de 300-400 brebis reprennent, avec des projets qui sont dans une logique de maximisation de la marge. » Christophe Bodard met en avant le potentiel de productivité de la race, qui se situe de 1,8 à 2,5 agneaux par brebis et par an, selon le système de production.:

 

Nouvelles perspectives pour la sélection des Romane

A ce jour, « la conformation des agneaux Romane colle bien à la demande de la filière », estime le directeur de l'OS. Une quinzaine de béliers rejoignent le centre d’insémination chaque année, sélectionnés entre autres sur leur résistance aux parasites gastro-intestinaux. Malgré le coût élevé que cela représente, Christophe Bodard estime que « l’insémination animale rend accessible la meilleure génétique à tous ». 

Lire aussi : La Romane : productivité et rusticité au cœur de la sélection

L’OS Romane participe aussi à la plateforme Ovigen, mettant à disposition la sélection génomique. Elle est pour l’instant utilisée pour la détection de la tremblante et les assignations de parenté des agnelles en noyau de sélection. « Mais nous cherchons d’autres utilisations », indique Christophe Bodard, évoquant la recherche de gènes majeurs ou l’évaluation de la sensibilité à la Visna-maëdi. « L’INRAe travaille sur la sélection de caractères d’efficacité alimentaire et de diminution de rejets de méthane. » La Romane entend prendre le virage de l’agroécologie : « Nos animaux doivent permettre aux éleveurs d’adapter leurs systèmes de production face au changement climatique. »

 

 

Le roman de la Romane

La veille de l’assemblée, une trentaine d’éleveurs-sélectionneurs de Romane, ainsi que des techniciens, un historien et Dominique François, ancien chercheur Inrae, se sont réunis pour poser les premiers jalons d’un livre sur l’histoire de la race Romane. L’occasion de porter un regard rétrospectif sur cette race. « Il y a quarante ans les premiers béliers Romane entraient dans les élevages. Un projet fou, qui s’est avéré être une franche réussite » conclut Hubert Mony. « Je souhaite aujourd’hui que les éleveurs de France et d’ailleurs gagnent leur vie avec la Romane. »

Lire aussi : Sélection génétique contre le parasitisme : le mouton charollais se lance

 

Le schéma de sélection de la race Romane en chiffres

  • 24303 brebis en base de sélection

  • 59 sélectionneurs / multiplicateurs

  • 462 béliers évalués en station de contrôle

  • 318 béliers vendus 

  • 8534 femelles vendues

  • 3300 inséminations dans toute la France

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