Comportement, état des flancs, refus, il est possible d’observer quelques indicateurs pour vérifier l’adéquation de la ration aux besoins des animaux.
« Quand on entre dans un bâtiment, si tout va bien, plus de la moitié des bovins devraient être couchés, en dehors de la période de distribution de la ration», estime Bruno Martin, ingénieur support technique chez Lallemand. « D’ailleurs, quand on distribue la ration, cela ne devrait leur faire ni chaud ni froid, renchérit Jérôme Larcelet. Si tous les animaux arrivent au moment de la distribution, soit ils ont faim, soit ils arrivent à trier et ils savent que le meilleur est au début. On peut aussi contrôler leur comportement grâce à des caméras time lapse pendant 24 ou 48 heures ou avec des colliers de monitoring ».
D’autres indicateurs peuvent être regardés sur les bovins : « Si on observe une barre de poils sous le ventre qui se redresse, c’est la barre de saturation, cela signifie qu’ils ingèrent trop de fibres, indique Julie Peyrat. En revanche, une barre de poils redressée au-dessus des épaules est signe de perte d’énergie. » Les flancs sont également de bons indicateurs de l’état de l’animal, « le flanc gauche renseigne sur le remplissage du rumen. S’il est à peu près plat, sans creux, c’est que l’animal a bien mangé ce jour-là, explique Bruno Martin. Le flanc droit, c’est la graisse autour de l’intestin. S’il est creusé, cela indique que l’animal n’a pas assez mangé dans les dernières semaines. On peut aussi vérifier les pieds et les cornes, qu’il n’y ait pas de traces de rougeurs, qui sont synonymes d’inflammation ».
Enfin, il est possible d’observer les refus : « un taux de 5 % de refus me semble convenable, mais si les animaux raclent tout, c’est qu’il n’y a pas assez à manger », estime Julie Peyrat.
« Depuis 2008, nous organisons des formations pour les éleveurs, sur les liens entre le sol, les plantes et la santé animale. Ces formations s’intéressent aux conséquences de l’alimentation sur la santé des animaux. Nous formons les éleveurs à l’utilisation d’outils de pilotage : réfractomètres à densité et Brix (colostrum, lait, urine, jus de plante), pH-mètre (urine, fèces), redox-mètre (urine, fèces), glucomètre (glycémie et BOH du sang).
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Les réfractomètres mettent très souvent en évidence des urines trop denses, notamment dans les élevages allaitants, et des digestions intestinales (brix trop élevé). Les bovins sont souvent déshydratés, une cause potentielle d’avortement. Les digestions intestinales génèrent des proliférations bactériennes pouvant être à l’origine de la naissance de veaux septicémiques, de facteurs de risque de déclenchement de symptômes cliniques de paratuberculose, etc.
Le redox-mètre s’utilise en duo avec le pH-mètre, sur les bouses. Un pH élevé et un redox bas indiquent une ration pas assez concentrée, un excès de fibres dans la ration. Un pH élevé et un redox élevé nous indiquent un excès de protéines ou une carence en sucre.
La mesure du pH urinaire permet également de corriger rapidement avant de voir apparaître des désordres métaboliques trop importants. Ce sont des outils intéressants, car ils apportent des données chiffrées, objectives, en plus de l’observation des animaux dans une production où les outils de pilotage comme l’urée du lait, les valorisés mensuels n’existent pas. Ils viennent en anticipation et en compléments des notes d’état corporel, score de remplissage du rumen, notation des aplombs, observation de la démarche, rumination… »