Le contrôle de la valeur des fourrages commence à la récolte

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Pour faucher l'herbe, le moment de la journée influe sur la qualité du fourrage. Crédits : © M. Portier

Pour obtenir des fourrages de qualité, la récolte est un moment charnière. Stade de récolte, finesse de hachage, teneur en matière sèche, retour sur les fondamentaux pour assurer une bonne valeur alimentaire.

« La qualité des fourrages, il faut y penser dès l’entretien des sols, avec des apports organiques et des amendements calciques, afin que les nutriments, et notamment les oligoéléments, soient bien disponibles pour les plantes, et qu’ils se retrouvent dans les fourrages, plantent Sarah Besombes et Arnaud Godard, techniciens-conseils chez Alsoni. C’est une boucle qui part du sol, va aux animaux et revient au sol avec des fumiers bien équilibrés. »

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« On peut essayer de nouveaux mélanges, avec des variétés différentes, pour trouver ce qui sera le mieux adapté à ses sols », ajoute Eva Garre, conseillère indépendante en élevage.

Le stade de récolte point clé pour la qualité

Si la qualité des fourrages se construit d’abord au champ, un point reste central pour faire profiter de cette qualité aux animaux : le stade de récolte. Pour l’ensilage de maïs, on visera 32 % de matière sèche (MS). « En maïs, 77 % de la variabilité de la digestibilité de l’amidon est expliquée par le stade de récolte, indique Julie Peyrat, conseillère indépendante en élevage. Au-delà de 40 % de MS on perd 10 points de dégradabilité dans le rumen. »

« Pour l’herbe, la matière sèche est moins importante ; c’est le stade végétatif qui importe et la maîtrise de la chaîne de récolte », explique Jérôme Larcelet, consultant nutrition chez Virtuoz. On visera le début de l’épiaison des graminées, sans dépasser le stade épi dans la gaine. « Par exemple, le dactyle perd 10 points de digestibilité lorsqu’on dépasse le stade épiaison », ajoute Julie Peyrat. Pour les légumineuses, le stade bourgeonnement sera le plus optimal et pour les méteils, « je conseille de récolter au début de l’épiaison des céréales, pour ne pas perdre trop en valeur, indique la conseillère. Il vaut mieux miser sur des variétés tardives, afin que les protéagineux soient tout de même présents. »

Finesse de hachage et éclatement des grains

Pendant les chantiers de récolte, il est possible de vérifier quelques paramètres, afin de s’assurer d’avoir des fourrages bien valorisés par la suite.

En ensilage de maïs, il s’agira de vérifier l’éclatement des grains. Il est possible de le faire rapidement avec la méthode du seau d’eau : mettre une ou deux poignées d’ensilage dans un seau d’eau; les grains tombent au fond. Lorsqu’on enlève le surnageant, on peut alors voir si les grains sont restés entiers ou non. « L’objectif, c’est 0 grain entier, et l’idéal, ce sont des grains éclatés en huit morceaux », estime Jérôme Larcelet.

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La longueur de hachage est également importante à vérifier. Elle conditionne à la fois la conservation et l’ingestion des animaux. Pour l’herbe, une longueur entre 2 et 3 cm est conseillée, tandis que pour le maïs il s’agirait d’obtenir des fibres de 10 à 15 mm.

« Lorsqu’on récolte en enrubanné, on peut utiliser les couteaux de la presse pour obtenir des fibres entre 5 et 7 cm. Cela améliore la conservation, car les balles sont plus compactes, donc on enferme moins d’air », propose Jérôme Larcelet, qui conseille également cette pratique pour le foin. Les fibres courtes favoriseront en effet l’ingestion des animaux et limiteront le tri des rations.

Garder les feuilles des légumineuses

« Pour l’herbe, le moment de la journée influe aussi sur la qualité, explique Julie Peyrat. L’idéal pour faucher les graminées c’est l’après-midi, car le sucre monte dans les plantes. Mais au plein chaud, il y a des risques de pertes de feuilles sur luzerne et trèfle. Le meilleur compromis pour les légumineuses, si c’est possible avec les autres contraintes de l’exploitation, c’est sans doute juste après la rosée. »

Car, pour conserver la valeur des légumineuses, il s’agit de ne pas perdre trop de feuilles. En ce sens, les faucheuses classiques engendrent moins de pertes que celles à conditionneuse. « On peut aussi éparpiller plus de foin, faire des andains assez larges, pour bien sécher et moins faner, car moins de fanage, c’est moins de perte de feuilles », précise la conseillère.

Avant de presser, vérifier le séchage

« Avant de presser, il peut être intéressant de vérifier la teneur en matière sèche des andains, estime Stéphane Lauzet, conseiller en élevage indépendant. On se rend parfois compte que le foin n’est pas si sec que ça. » Il existe des sondes d’hygrométrie à planter dans les échantillons de fourrages, qu’on aura préalablement compressés dans un seau. Des protocoles existent aussi pour obtenir la teneur en MS à l’aide d’un micro-ondes. « Dorénavant, les presses donnent également le taux d’humidité », précise Jérôme Larcelet. Les valeurs cibles idéales sont de 50 à 65 % de MS pour l’enrubannage, « au-delà, cela se conserve mal », indique Julie Peyrat, et un minimum de 80 % pour le foin.

Penser aux conservateurs en ensilage d’herbe 

Si en ensilage de maïs, les conservateurs ne sont pas toujours nécessaires, il vaudra mieux ne pas faire l’impasse en ensilage d’herbe. « Les légumineuses ont un fort pouvoir tampon, les conservateurs aident à baisser le pH rapidement, explique Jérôme Larcelet. Ils limitent l’échauffement, maintiennent la qualité du fourrage et limitent la protéolyse qui transforme la protéine en ammoniac. » « C’est une vraie sécurité », confirme Julie Peyrat, qui conseille aussi les conservateurs en ensilage de méteil.

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