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Alimentation : la France est-elle trop montée en gamme ?

Pour Dominique Chargé, la France ne produit pas l’alimentation d’entrée et de cœur de gamme qu’elle consomme, ce qui engendre un appel d’air pour les importations. Le cas des œufs est emblématique. 

L’offre alimentaire française est beaucoup trop tournée vers le haut de gamme selon Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, qui constate, le 3 septembre, : « L’entrée de gamme et le milieu de gamme ne sont pas assez présents, ce qui laisse le marché français en proie aux importations ».

Lire aussi : Est-ce possible de produire une alimentation à bas prix en France ? 

La filière œuf face aux contradictions des consommateurs

Depuis six ans, les producteurs d’œufs s’efforcent de répondre à la demande des distributeurs de supprimer la production d’œufs de cage au profit des œufs alternatifs. Mais en pratique, la complexité réglementaire et administrative freine la mise en place de nouveaux élevages.

La demande en œufs grimpe, mais la production ne suit pas

« L’œuf est la protéine la moins chère en France, la consommation augmente de 10% par an sur les œufs. Ainsi chaque Français consomme pratiquement un œuf par jour » rappelle Dominique Chargé. Pour répondre à cette croissance, « il faudrait construire une dizaine de poulaillers par an, ce que nous avons du mal à réaliser aujourd’hui » déclare ce dernier. 

Lire aussi : Œufs de poules élevées en cage : est-ce vraiment fini en 2025 ?

Face à cette demande grandissante, la production nationale d’œufs peine à suivre, d’autant plus que la conversion de la cage à l’alternatif diminue la productivité des élevages.  « Aujourd’hui, avec les œufs alternatifs, nous sommes en incapacité de soutenir le rythme de la production d’œufs de cage » appuie le président de la Coopération Agricole.

Des distributeurs importent des œufs de cage

Cet été, face aux manques en rayon, certains distributeurs se sont tournés vers l’Ukraine pour s’approvisionner. Une pratique jugée « incohérente » par Dominique Chargé : « Ces œufs ne répondent pas aux standards français, mais s’alignent sur des logiques de prix bas». 

Plusieurs filières concernées  

« Cette situation de l’œuf serait assez facilement transposable à d’autres productions, on pense à la filière volaille de chair, où un poulet sur deux servi en restauration hors domicile est importé et n’est pas aux standards de production française. C'est le cas également en fruits et légumes, en viande bovine où les importations progressent », relève Dominique Chargé. Il rappelle par ailleurs qu’« en 25 ans, la part des aliments importés a doublé dans l’assiette des Français ! »

Lire aussi : Souveraineté alimentaire : « Une dégradation, pas un effondrement »

Viser le cœur de gamme

Pour le président de La Coopération agricole, la voie est claire : « favoriser les productions de type entrée de gamme et cœur de gamme est une solution pour reconquérir l’assiette et les cantines des Français et garantir la souveraineté alimentaire ».

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