Aller au contenu principal

Agroalimentaire : quels résultats de la visite d’Emmanuel Macron en Chine ?

Emmanuel Macron est rentré de Chine où l’accompagnaient la ministre de l’Agriculture et des industriels des secteurs laitiers et avicoles. Si quelques avancées sont à noter, le bilan reste mitigé avec aucun allégement des sanctions chinoises sur le cognac ou le porc. 

Avion de la présidence française à Pékin
Au cours du voyage présidentiel en Chine, le protocole pour faciliter l’exportation en Chine de lait infantile a été renouvelé.
© Elysée

Avec Agra

Ajout menace droits de douane sur produits laitiers le 9/12

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a accompagné Emmanuel Macron en Chine du 3 au 5 décembre. Elle est revenue auprès de nos confrères des Échos sur les sujets agricoles évoqués avec Pékin. Car les dossiers sont nombreux, avec une multiplication des enquêtes par Pékin, sur le cognac, le porc et les produits laitiers. 

Lire aussi : Porc : « le choix de la Chine de cibler l’agriculture européenne n’est pas anodin » 

Pas de mieux en cognac…

« Sur le cognac et l’armagnac, nous avons fermement réitéré notre position : les producteurs français ne procèdent à aucune pratique de dumping, ces mesures sont donc sans fondement. Dans l’immédiat, les 17 exportateurs de Cognac exclus de l’accord de prix de juillet 2025 et qui se retrouvent sortis du marché chinois, doivent pouvoir être réintégrés à cet accord », a estimé Mme Genevard. La Chine cumulait 25 % de la valeur et 20 % du volume en 2023 des exportations françaises de cognac. 

… mais une reconnaissance d’IGP en vins de Bourgogne

La France obtenu néanmoins la reconnaissance de 70 indications géographiques des vins de Bourgogne par la Chine. Pékin, qui a reconnu toutes les appellations bordelaises AOP et IGP depuis 2016, avait annoncé en 2024 -lors de la visite du président Xi Jinping en France- la reconnaissance de deux AOP bourguignonnes Gevrey-Chambertin et Mâcon, précise le site de l’Institut national des appellations contrôlées (INAO). Ce processus permet de lutter contre les usages abusifs et les contrefaçons, et ainsi de faciliter l’exportation. 

Lire aussi : Le poulet chinois s’impose en Europe, la volaille française alerte

En porc, deux établissements agréés pour l’exportation d’abats

Les discussions franco-chinoises ont pu aboutir à « un agrément entre deux établissements pour l’exportation d’abats porcins », sans les préciser, souligne Annie Genevard aux Échos. Après l’annonce par l’UE de sa volonté d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, Pékin avait diligenté en juin 2024 une enquête antidumping pour vérifier que les prix des morceaux de porc vendus en Chine par l’Union européenne (UE) ne sont pas artificiellement bradés. En attendant les résultats de l’enquête, les taxes douanières ont été fortement relevées. 

Lire aussi : Viande bovine : la Chine enquête toujours sur ses importations et pourrait les limiter

Protocole renouvelé pour l’exportation de lait infantile 

Au cours de voyage, le protocole pour faciliter l’exportation en Chine de lait infantile a été renouvelé. Cet accord délégue l’inspection des sites de production de poudre de lait infantile aux agents du ministère français de l’Agriculture, pour le compte des autorités chinoises. Cela évite d’attendre que les agents chinois se déplacent sur les sites français. Cet accord permet de pérenniser des exportations de poudre de lait infantile vers la Chine d’un montant de 250 M€ par an. La filière laitière faisait partie de la délégation française, inquiète d'une baisse progressive de ces exportations vers la Chine. Le ministère chinois du Commerce a annoncé le 18 août la prolongation, de six mois, de son enquête antidumping sur certains produits laitiers importés d’Europe, débutée en août 2024.

Lire aussi : Produits laitiers : le mix produit change en Chine, quelles conséquences sur le marché mondial ?

Les autorités chinoises pourraient ne pas attendre la fin de leur enquête antisubventions pour mettre des droits de douane provisoires sur les produits laitiers européens concernés, selon François-Xavier Huard, p.-d.g.de la Fnil (industriels) et vice-président du Cniel (interprofession). L’enquête antisubventions doit se terminer en février 2026. Ces droits, qui pourraient être de 30 à 50 %, venant s’ajouter aux 15 % déjà en vigueur, auraient pour conséquence de réduire « à la portion congrue » les 50 000 t de crème que les laiteries françaises exportent vers la Chine chaque année.

Des résultats mitigés pour la visite française en Chine

La presse française, et même européenne dans son ensemble, juge les résultats de la visite présidentielle en Chine assez mitigés. Sur le plan agricole, aucun relâchement n’a été annoncé sur les enquêtes chinoises. À son retour en France ; le président a d’ailleurs menacé aux près des Échos « nous, Européens, serions contraints dans les tout prochains mois, de prendre des mesures fortes […] à l’instar des Etats-Unis, comme par exemple des droits de douane sur les produits chinois ». Comme à chaque taxe sur ses produits industriels, la Chine rétorque avec des enquêtes et droits de douane sur les produits agricoles communautaires, la situation ne semble pas apaisée. 

Les plus lus

vaches dans un prè
La baisse de la collecte de lait en Europe change l’ambiance du marché des produits laitiers

Après plusieurs trimestres de dynamique laitière, la Rabobank s’attend à un revirement de la collecte laitière mondiale…

carcasse en abattoir
Viande : vent nouveau pour les abattoirs prestataires ?

Les petits outils d’abattage multi-espèces en prestation de services ont retrouvé de la stabilité après des années difficiles,…

quartiers de viande au frigo
Viande bovine : pourquoi la France a creusé son déficit commercial au premier semestre 2026

Les exportations françaises de viande bovine ont baissé de 13 % au premier semestre, reflet du manque d’animaux. Une baisse…

poulets en élevage
Poulet : Pourquoi le Label Bien-être animal de LDC fait polémique

Le Label « Bien-être animal, filière agricole engagée » lancé la semaine dernière par plusieurs acteurs de la filière volaille…

rayon viande en boucherie
En viande bovine, un commerce régulier, des tensions sur le filet

Si les pièces hivernales de viande bovine sont encore peu sollicitées, les abattoirs jugent le commerce de la viande bovine…

brebis dans une bergerie
Le prix moyen des agneaux repasse la barre des 9,10 €/kg

Les prix des agneaux ont rebondi la semaine dernière après un été de canicule qui a fait souffrir la filière. L’offre…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio