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De la start-up à l’industrie agroalimentaire : un chemin semé d'embûches

Pour construire leurs usines, les start-up industrielles connaissent plusieurs difficultés, dont la recherche de financement avec un équilibre à trouver entre fonds publics et investisseurs privés.

De gauche à droite :Anthony Bugeat, fondateur d’Axioma ; Jérémie Cognard, cofondateur d’Agriloops ; Hugues de Franclieu, directeur de projets, chargé de l’industrie agroalimentaire à la DGE ; Vincent Moulin Wright, directeur général de France Industrie.
De gauche à droite :Anthony Bugeat, fondateur d’Axioma ; Jérémie Cognard, cofondateur d’Agriloops ; Hugues de Franclieu, directeur de projets, chargé de l’industrie agroalimentaire à la DGE ; Vincent Moulin Wright, directeur général de France Industrie.
© V. R.

Lors du déploiement de leur modèle industriel, les start-up françaises peuvent connaître des difficultés : entre la recherche de financement, de foncier, de compréhension de la réglementation, la construction de la première usine est complexe. « Beaucoup de start-up passent aujourd’hui à l’industrialisation et deviennent des PME, voire plus », indique Vincent Moulin Wright, directeur général de France Industrie, lors d’une conférence au Salon de l’agriculture le 3 mars 2022.

Trouver les bons interlocuteurs

Après la validation du modèle pilote, financé par des levées de fonds auprès de business angels, les start-up industrielles doivent jongler entre un équilibre fonds propres et dettes. « Au début, nous passons par des incubateurs qui nous permettent de comprendre l’écosystème économique. De tels procédés, conseils, outils sont plus rares pour la mise en place de l’industrialisation », détaille Jérémie Cognard, cofondateur d’Agriloops, start-up spécialisée dans la production de crevettes et de gambas. Les start-up se heurtent souvent à un mur au début de la mise en place, ne sachant vers qui s’orienter. « Il est difficile de rencontrer les bonnes personnes, car les projets sont très spécifiques », précise Anthony Bugeat, fondateur d’Axioma, PME spécialisée dans la recherche et développement de biostimulants.

Aides de l'État et appels à projets en soutien

« Les services de l’État peuvent aiguiller vers des financeurs ou opérateurs adaptés », rappelle Vincent Moulin Wright. Le gouvernement met par ailleurs à disposition plusieurs leviers, tels que le crédit impôt recherche ou de multiples appels à projets pour aider au développement des industries. « Nous avons quelqu’un qui suit les appels à projets pour nous apporter des soutiens adaptés. L’aide financière du plan de relance, par exemple, nous a permis de gagner trois ans au niveau des investissements », souligne Anthony Bugeat.

L’État peut aiguiller vers des financeurs
Vincent Moulin Wright, directeur général de France Industrie

Dans le cadre de France 2030, l’État a lancé plusieurs appels à projets, dont «première usine», en janvier 2022, adapté aux start-up industrielles. « Les financements doivent se poursuivre dans le temps pour que ces jeunes entreprises françaises n'aillent pas bâtir leurs usines ailleurs qu’en France », souligne Vincent Moulin Wright. « Après le plan de relance, beaucoup se sont tournés vers l’État pour leur recherche de financement, mais les sociétés ne doivent pas oublier que leur économie est privée. Les fonds privés doivent prendre le relais après les aides apportées par le gouvernement », nuance Hugues de Franclieu, directeur de projets, chargé de l’industrie agroalimentaire, à la Direction générale des entreprises (DGE). Les start-up industrielles doivent ainsi trouver un équilibre entre fonds publics et soutiens financiers privés.

Diminuer le risque du projet

En plus de sommes colossales, l’industrialisation implique du foncier, de la main-d’œuvre, cela peut paraître effrayant aux yeux des banques. « Les fonds publics sont là pour diminuer le risque du projet face à toutes les incertitudes et rassurer les investisseurs privés », résume Vincent Moulin Wright. « Nous devons montrer aux investisseurs que nous avons une maîtrise totale de notre modèle », complète Jérémie Cognard. « On parle d’industrie 4.0. Les emplois payent bien. Les cheminées qui fument, les salariés qui ont le dos cassé, ça n’existe plus », assure Anthony Bugeat.

Foncier : les collectivités territoriales peuvent guider

L’État fournit par ailleurs une aide aux start-up dans la recherche de sites adaptés comme les plateformes industrielles. « Il n’y a pas meilleur terrain industriel qu’un terrain déjà industrialisé. Ces territoires mutualisés permettent une meilleure gestion des déchets par exemple », précise Vincent Moulin Wright. Enfin, les start-up peuvent s’adresser aux collectivités territoriales afin de les aider et de les guider du point de vue de la réglementation qui module de plus en plus l’usage du territoire.

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