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Coopérative
Unicor : le Covid-19, « c’est une tornade, ça ressemble à un cyclone »

Comment un groupe coopératif s’adapte à la crise du Covid-19 ? Denis Simon et Jean-Claude Virenque, respectivement directeur et président du groupe coopératif Unicor, nous ont répondu par téléphone le 18 mars.

Les Marchés Hebdo : Comment vous adaptez-vous au Covid-19 ? Quel impact la crise a-t-elle sur Unicor ?

Denis Simon : C’est une tornade, ça ressemble à un cyclone. Face au Covid-19, nous avons deux priorités : mettre nos collaborateurs en sécurité et appliquer l’ensemble des recommandations sanitaires, mais aussi continuer notre mission d’approvisionnement dans la chaîne alimentaire. On appréhende le sujet au jour le jour, en étant à l’écoute des salariés pour trouver des solutions et maintenir le service aux adhérents.

LMH : Comment se portent vos adhérents et salariés ? Y a-t-il des malades ?

D. S. : À ma connaissance, non, et on croise les doigts, nous n’avons au 18 mars aucun cas avéré. Juste deux collaborateurs confinés, car l’un a un enfant avec une forte fièvre et l’autre a une toux suspecte.

Jean-Claude Virenque : On est dans une région avec une densité de population faible et clairsemée, ça nous aide.

On a réduit nos activités en ne gardant que ce qui est essentiel

LMH : Quelles activités continuent ?

D. S. : On a réduit nos activités en ne gardant que ce qui est essentiel. Tous ceux qui peuvent être en télétravail le sont. Tous ceux qui ont des pathologies nous les avons confinés, sécurisés. Nous avons mis en place tous les moyens pour que les mesures de barrières sanitaires soient opérationnelles. Nous ne sommes pas physiquement au bureau. Pour ma part, aujourd’hui, j’ai passé 5 heures au téléphone, pour des réunions avec les équipes d’encadrement, les partenaires sociaux, les délégués syndicaux. Le dialogue social est une vraie réalité.

J.-C. V. : Hier, nous étions aussi en relation avec les élus pour donner les informations du terrain et porter dans les choix qui sont faits.

LMH : Mais concrètement, qu’est-ce qui fonctionne ?

D. S. : Tout ce qui est l’approvisionnement complet de l’exploitation pour permettre la mise en culture, l’approvisionnement en productions végétales et la nutrition animale ainsi que la collecte des animaux. En agriculture, il n’y a aucune restriction. L’exportation fonctionne aussi, les services de l’État nous ont assuré que leur priorité était de maintenir la chaîne alimentaire et les courants d’affaires internationaux. À date (le 18 mars, ndlr), nous n’avons pas de frein à l’activité.

J.-C. V. : Attention, nous n’avons que trois jours de recul par rapport au début du confinement.

L’arrêt de la restauration est compensé par la ruée vers les GMS

LMH : Quel impact a eu l’arrêt des cantines sur l’activité viande ?

D. S. : Ce que l’on vous dit est valable au 18 mars, 17 heures. Les informations que j’ai des collègues de l’abattage, c’est que l’arrêt de la restauration est compensé par la ruée vers les GMS. Maintenant que les frigos sont pleins, on va voir ce qu’il se passe…

J.-C. V. : Ce qui est rassurant, c’est que les ministres Didier Guillaume et Bruno Le Maire ont affirmé que toute la chaîne alimentaire devait être maintenue, on est au cœur de la crise. Ce n’est pas pour ça que c’est plus facile !

LMH : Quid de vos Halles de l’Aveyron, ont-elles subi la même ruée que la grande distribution ?

D. S. : Les Halles de l’Aveyron ont connu aussi la ruée, à la petite nuance près que nous avons une offre plus étroite. Nous ne sommes pas des spécialistes des pâtes, du riz et du papier toilette ! Disons que nous avons connu comme une veille de réveillon dans nos magasins. Pour l’instant, on arrive à suivre.

LMH : Vous avez plutôt fini 2019 sur un bon bilan, sauf pour Arcadie…

D. S. : Nous avons œuvré pour améliorer la performance économique. Sur nos différents métiers, nous avons fait plus 3,6 millions d’euros et nous sommes plutôt satisfaits. On a fait un redressement fort du machinisme. En revanche, les entreprises où nous sommes actionnaires minoritaires, comme Arcadie et Caussade, viennent grever notre résultat en dessous du consolidé.

J.-C. V. : Sur Caussade, qui est une SA avec une dizaine de coopératives à son capital, dont Unicor à 21 %, nous sommes leaders. Depuis quelque temps, nos associés m’ont confié la présidence avec l’idée de nous regrouper avec un acteur pour se positionner plus haut, au-delà de nos frontières avec plus de moyens au service de la R&D. On a retenu Euralis Semences et signé un protocole d’accord. Nous sommes à quelques jours de l’assemblée générale de closing. Dans moins de deux mois, normalement, nous allons fusionner nos deux sociétés. Cela devrait nous positionner comme l’un des leaders français et européen.

LMH : Et pour Arcadie ?

J.-C. V. : La situation comptable est compliquée. On cherche des solutions en interne pour restructurer le groupe. Nous avons toujours besoin de cet outil, sachant que 95 % de nos adhérents sont des éleveurs. La coopérative collecte des ovins, bovins de boucherie et veaux du Ségala, Arcadie en absorbe une bonne partie, il nous faut un outil d’abattage. Sinon le risque c’est de n’avoir plus le choix et d’être face à un oligopole très fort. Nous cherchons la stratégie la plus rentable.

LMH : Sur l’activité palmipèdes vous avez fait mieux que les grands opérateurs, pourquoi ?

J.-C. V. : Il faut revenir quelques années en arrière, nous avons été beaucoup moins impactés par la grippe aviaire, car nous sommes loin du gros centre de production. Dans le Lot et dans l’Aveyron, il y a moins de pression virale. Nous avons eu peu de fermetures d’élevage. Du coup, nous avons pu garder une proximité plus forte avec les restaurateurs et clients. On en a profité également lors de la reprise. Pour autant, nous avons bloqué le développement de la production de palmipèdes.

LMH : Comment se profile 2020 ?

D. S. : La trajectoire pour 2020 est de renforcer cette culture économique au sein de l’entreprise et d’améliorer encore notre productivité et efficacité.

Laits 3 bio donne de bons résultats

Subventionné par l’Agence bio, le projet Laits 3 bio a démarré en 2018 et se terminera le 31 décembre 2020. Il vise le développement et la structuration de la production laitière bio en vaches, chèvres et brebis. Il est porté par Unicor, qui a dédié une usine d’aliments au bio (Solévial au Banassac), et ses partenaires Sodiaal Union, SAS Chèvres Bio France (CBF), les Bergers du Larzac, Arcadie, Coop de France Occitanie et la chambre d’agriculture de l’Aveyron. Au 30 juin 2019, Sodiaal, les Bergers du Larzac et CBF comptabilisaient au total, 370 agriculteurs dans le bio, 55 en conversion, soit 28 393 têtes conduites en bio sur 30 360 hectares.

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