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Une nouvelle calibreuse à 3 M€ chez Loeuf

Avec une vitesse maximale de 130 000 œufs à l’heure, la nouvelle conditionneuse de Loeuf à La Bazoge, dans la Sarthe, lui fait faire un bon de productivité de 25 % en œufs alternatifs, pour 3 millions d’euros.

Une productivité de 25 % en plus, et pourtant déjà en 2x8 : la nouvelle calibreuse qui est arrivée chez Loeuf en mars, suivie trois mois plus tard de quatre robots de conditionnement, a vite montré son intérêt. Si le marché français de l’œuf est désormais stable en volume voire en légère décroissance (-0,9 % cette année), il connaît en effet une vraie révolution avec l’accélération du basculement vers les œufs alternatifs, qu’ils soient fermiers produits au sol, en plein air, label Rouge, bio, voire sous IGP. L’œuf standard, qui représentait 98 % des ventes en GMS en 1988, a reculé à 76 % en 2003 pour n’être plus qu’à 57 % cette année. Et les opérateurs reconnaissent non seulement la confirmation de cette segmentation mais aussi l’accélération de la mutation.

La Sarthe héberge, à La Bazoge, le principal Centre national de conditionnement de ces œufs alternatifs. Site qui renforce encore sa position cette année avec un investissement de 3 millions d’euros dans une nouvelle calibreuse Moba et quatre robots Moba MR30 de mise en caisse qui gèrent les box et les caissettes, sans compter l’accroissement de la puissance du serveur informatique pour gérer l’ensemble des données. Il ne reste plus qu’à robotiser les boîtes par quatre. La calibreuse elle-même représente la moitié de l’investissement.

Chaque œuf marqué du nom de l’éleveur

« Les ingénieurs de Moba ont dessiné spécifiquement la machine pour nous avec deux contraintes principales : la traçabilité de l’œuf dans toutes les boîtes calibrées et cela sans rupture entre deux lots de deux éleveurs différents. En œufs alternatifs, nous avons en effet des petits lots puisque, par exemple au Loué, les élevages ne peuvent avoir plus de 6 000 poules. Contrairement à ce qui se fait habituellement, un poolage des élevages par jour de ponte, ici chaque œuf est marqué du nom de l’éleveur qui apparaît aussi sur la boîte », précise Bruno Mousset, directeur général du site de Loeuf. Et cela, quitte à ce que les noms de deux éleveurs apparaissent sur une même boîte au passage d’un lot à un autre. « En poulet de chair, nous avons la bague à l’aile, c’est difficile de mettre une bague à un œuf, mais nous avons avec ce système toujours l’éleveur au centre de l’ensemble, tout en gardant de la capacité industrielle, car sans cela, il faudrait vider la machine jusqu’à 250 fois par jour », complète Yves de la Fouchardière, directeur de la Cafel.

À chaque changement de jour de ponte ou d’éleveur, une carte magnétique est placée dans l’alvéole. Outre ce système track & trace du convoyeur « intelligent » qui assure le suivi de chaque œuf et de chaque boîte, la traçabilité se double avec un QR code sur chaque boîte. Le poste de pilotage centralise la commande de toute la machine : de la réception par éleveur au suivi du stock et des commandes, en passant par le chargement, l’autoclean, le « crack détection » des microfêlures, le calibrage et les différents convoyeurs.

Bénéficiant d’un rythme soutenu d’investissements au fil des années avec déjà trois agrandissements depuis son arrivée sur ce site, l’unité de conditionnement des œufs alternatifs disposait déjà de deux robots palettiseurs. Les quatre nouveaux robots économisent deux personnes par poste, la croissance de la production permettant que cette automatisation s’effectue sans coût social. Les actionnaires ont déjà acté un investissement d’environ 2,50 millions d’euros pour 2017 avec la construction d’un nouveau bâtiment de stockage d’emballages et un portique de flashage des colis avant expédition. Des réflexions sont engagées pour assurer la croissance prévue du marché avec, pourquoi pas, une troisième calibreuse. La productivité de chaque robot est de 60 000 œufs par heure avec une moyenne hebdomadaire, dans la phase actuelle encore de calage, de 85 000 œufs par heure pour l’ensemble de la calibreuse.

Il reste donc encore un peu de marge sur cette machine, sans compter que certains segments comme les œufs plein air peuvent basculer au moins pour partie en remplacement des œufs standard sur l’autre calibreuse. Mais cette machine ne passera pas en 3x8, car la maintenance s’effectue de nuit, intégrant le nettoyage automatisé de toutes les pièces internes en contact avec les œufs.

« La mutation du marché de l’œuf conduit à une vraie révolution, et nous avons notre part à prendre. De nombreux opérateurs veulent suivre ceux qui sont déjà sortis de l’œuf en cage comme Sodexo, Monoprix ou récemment McDonald’s. Dix millions de poules devront aller rapidement dehors. Pour les années à venir, nous cherchons 150 éleveurs de poules, à côté des 170 éleveurs en label et 60 en bio déjà installés. Cela veut dire qu’à échéance sur dix ans, mais nous espérons aller plus vite, nous visons un million de poules de plus », confie Yves de la Fouchardière.

Les origines de Loeuf

Filiale à 28 % de la Cafel (Coopérative agricole des Fermiers de Loué) et à 72 % du groupe LDC-Huttepain, Loeuf est né en 2014 du rapprochement de leurs centres de conditionnement (Sacofel et Sovopa). Elle dispose actuellement de deux calibreuses, l’une tournée vers les œufs alternatifs, l’autre pour la marque Le Gaulois. Avec 120 salariés, elle réalise un chiffre d’affaires annuel de 85 millions d’euros et calibre 620 millions d’œufs par an dont 29 millions d’UVC sous marque Loué. Au total, elle expédie 100 000 colis par semaine.

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