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Une mauvaise année pour l’abricot

© DR

Le gel avait frappé l’Espagne et l’Italie en épargnant un peu les vergers français en avril. Mais rien n’y a fait pour sauver la campagne 2017. Les premiers signes d’énervements sont survenus assez tôt, en juin, avec les premières manifestations dans les Pyrénées-Orientales et les premiers déversements d’abricots sur la voie publique à Perpignan et alentours.

Pourtant, la campagne aurait pu bien fonctionner compte tenu des calendriers de productions de l’Espagne et de la France. Mais les conditions climatiques de juin ont complètement modifié la donne. « La chaleur du mois de juin a généré une précocité inattendue de la campagne, tous les volumes sont arrivés en même temps. Les producteurs ayant peur de perdre les fruits sur les arbres ont cueilli, ce qui a engorgé encore un peu plus les marchés », explique Raphaël Martinez, directeur de la Fédération des fruits et légumes d’Occitanie. « La GMS n’a pas basculé assez vite sur l’origine France quand nos abricots sont arrivés. Nous avons fait des semaines à 4 000 ou 5 000 tonnes qui n’ont pas été absorbées par la distribution, faute de place », poursuit-il.

30 à 40 centimes d’euro sous le coût de production

« Les Espagnols ont eu un pic de production important en fin de printemps, avec une collision de variétés, ils ont ramassé en trois semaines ce qu’ils font en six semaines habituellement », annonçait à la mi-juin Yves Aris, président de la FDSEA des Pyrénées-Orientales. « À Saint-Charles, vous trouviez de l’abricot espagnol à 60 centimes conditionné. Comment font-ils ? 60 centimes ? C’est le prix de notre conditionnement ? », s’interrogeait-il encore.

L’effacement progressif de la maigre production espagnole – moins de 300 tonnes hebdomadaires étaient enregistrées à Saint-Charles fin juin-début juillet – n’y aura rien fait. Les cours sont restés bas en juillet, jusqu’en toute fin de campagne. Si la fluidité est revenue début août, cela n’a pas suffi à sauver la saison.

Les prix, très disputés, sont très en dessous des deux dernières campagnes. Le prix de détail calculé par le réseau national des marchés s’est établi à moins de 3,50 euros le kilogramme pour le calibre 45-50, alors que ces trois dernières années, il était plutôt situé dans la fourchette de 3,50 à 4 euros le kilogramme.

Les distributeurs n’ont pas les mêmes réflexes que pour la pêche

« Le problème de l’abricot, c’est que les distributeurs n’ont pas les mêmes réflexes que pour la pêche, ils ne basculent pas assez vite sur l’origine France. Et le syndicalisme a du mal à se mobiliser pour le faire savoir en manifestant. C’est vraiment différent de la pêche pour laquelle ils basculent automatiquement », déplore encore Raphaël Martinez.

En Roussillon, dans les coopératives productrices, on s’attendait fin juillet à classer la campagne abricot de 2017 comme une des trois pires de ces trente dernières années… Avec des prix en moyenne situés entre 30 et 40 centimes d’euro sous le coût de production.

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