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Un plan pour redresser le vignoble français


La grêle a récemment compromis le millésime 2014 en Bourgogne.
En dépit de bons résultats à l'export, le vignoble français subit les conséquences du recul de la production et d'une certaine inadaptation à la demande. Un plan vise à corriger le tir.

Le président du conseil viticole de FranceAgriMer, Jérôme Despey, a remis le 19 juin à Stéphane Le Foll le « plan stratégique de la filière viticole à l'horizon 2025 », élaboré en concertation avec les professionnels. En dépit de l'excédent flatteur des ventes françaises de vins et d'eaux-de-vie à l'export, le plan estime que le vignoble français est engagé sur une pente dangereuse. La baisse structurelle de la production, le recul des volumes exportés ou encore l'absence du vignoble français du marché des bases industrielles constituent autant d'évolutions inquiétantes que les 73 mesures proposées par le plan entendent enrayer.

Les analyses économiques publiées lors du dernier conseil viticole de FranceAgriMer ont confirmé la sévérité du diagnostic. En une décennie (de 1994/2003 à 2004/2013), la production moyenne annuelle du vignoble français a chuté de 55,7 à 48,2 millions d'hectolitres. En 2013, la France a même été reléguée à la 3e place du classement mondial. La décrue des volumes, également observée en Espagne et en Italie, est moins rapide chez ces deux concurrents. « En outre, la baisse de la superficie du vignoble espagnol ou italien (plus importante qu'en France) s'accompagne d'une productivité plus importante », relèvent les auteurs.

Baisse des rendements

En France, les rendements moyens ont une fâcheuse tendance à baisser dans la catégorie reine des AOC et AOP. En une décennie, ils ont plongé de 52 à 48 hectolitres par hectare. Une évolution imputée aux aléas climatiques, mais qui s'expliquerait aussi par le vieillissement du vignoble, son moindre entretien faute de marges des exploitations, ou encore par le regain de certaines maladies comme la maladie du bois ou la flavescence dorée.

La baisse des disponibilités a en tous cas un effet direct sur la capacité des appellations françaises à occuper certains marchés. Les excédents record de la balance commerciale cachent de moins en moins le préoccupant recul des positions françaises sur les marchés export. En 5 ans, les importations de vins ont gagné 12 % au Royaume-Uni, tandis que celles de vins français y reculaient d'autant. Aux États-Unis, elles ont progressé en valeur de 9 %, tandis que les importations françaises reculaient de 2 %.

Le plan de la filière viticole pointe du doigt le recul des « autres vins », non IGP ou AOP, dont la production a chuté en une décennie de 7,6 à 4,2 millions d'hectolitres. « Or, ces vins sont indispensables aux amortissements des outils et à la maîtrise des coûts de production », déplore le texte. De manière générale, les responsables de la filière mettent en cause une orientation « tout vin et eau-de-vie » délaissant des segments à fort potentiel : vins de base pour brandies, pour vins mousseux, jus de raisin et moûts concentrés. « De ce fait, la France est sensiblement dépendante du marché de la consommation de vins, sans véritable capacité à être présente sur les autres marchés, ni sans disposer d'outils industriels adaptés », écrivent les auteurs du plan. Les professionnels entendent mobiliser tous les outils d'accompagnement « et s'il y a lieu, autorisations de plantation, aides à l'investissement, aides à la restructuration », afin de renforcer ces filières.

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