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Un bras armé pour les cidres d’Agrial aux États-Unis

Fraîchement rachetée par la coopérative normande, la Seattle Cider Company commercialisera ses cidres aux États-Unis sous la marque Louis Raison.

C’est une jeune pousse tombée dans l’escarcelle d’un géant. La Seattle Cider Company a annoncé le 27 septembre une fusion avec Agrial. Cette société de l’État de Washington, à l’extrême nord-ouest des États-Unis, basée dans la grande zone industrielle du sud de Seattle, devient une nouvelle tête de pont américaine du groupe coopératif normand. « Nous allons importer leur cidre, produit en France et le commercialiser ici », annonce le président-directeur général de la PME américaine, Joel VandenBrink. Eclor, branche boisson d’Agrial et leader sur le marché français du cidre avec les marques Loïc Raison et Ecusson, a en réalité racheté deux sociétés-sœurs qu’elle a fusionnées : Two Beers Brewing et Seattle Cider Company. Deux entreprises fondées et dirigées par Joel VandenBrink. « La loi m’a obligé à créer deux entreprises pour produire deux boissons différentes, bien qu’il s’agisse des mêmes équipes et du même lieu de production », raconte le dirigeant.

Un rachat, deux structures qui ne font plus qu’une et qui devraient totaliser cette année un chiffre d’affaires de 9 millions d’euros (M€), contre 6,50 M€ à fin 2015. La Seattle Cider Company surfe sur le marché du « craft cider », ou cidre artisanal, en pleine extension aux États-Unis. « Notre production de cider a augmenté de 50 % cette année, dépassant les 2,2 millions de litres écoulés contre une progression de 10 % pour nos ventes de bière, atteignant les 950 000 litres », détaille Joel VandenBrink. Des boissons écoulées à 80 % et 70 %, respectivement en cannettes et bouteilles, le reste à la pression.

Une belle affaire à dynamiser

Passée sous l’ombrelle du Français, de nouvelles perspectives s’ouvrent à cette société de 30 salariés. « Nous allons doubler la capacité de notre brasserie, pour grimper à 28 000 fûts, et faire passer celle de notre cidrerie de 28 000 à 46 000 fûts, annonce le jeune entrepreneur, le tout sur notre actuel site de production de 3 350 m2. » Le brasseur a ainsi rendez-vous en décembre en France pour fixer avec ses nouveaux patrons les montants nécessaires.

Joel VandenBrink va aussi s’appuyer sur le réseau de distribution international d’Agrial, étendu sur une trentaine de pays, pour exporter ses bières Two Beers Brewing. « Il y a une grosse opportunité pour la bière artisanale en Europe ainsi qu’en Asie, où le marché est moins compétitif qu’aux USA », souligne-t-il. En revanche, c’est avant tout vers le marché intérieur que seront distribués les « craft cider » de l’entreprise, avec l’ambition de devenir la plus grande cidrerie artisanale du territoire. La couverture nationale va déjà passer de douze à dix-sept États dès le début de l’année prochaine. « Certaines possibilités » de collaboration avec la société californienne Manzana, spécialisée dans la fabrication de compotes, vinaigres et jus à base de pomme, et reprise par Agrial en 2012, seront sans doute étudiées.

Le « sweet cider » Louis Raison

Ce développement du business de la Seattle Cider Company sera mené de front avec le déploiement commercial des cidres d’Agrial, importés de France, dont a dorénavant la charge Joel VandenBrink. La marque Louis Raison – version américaine des cidres Loïc Raison – est en cours de lancement dans les États de Washington et de l’Oregon.

Le « craft cider » en plein boum

« C’est pour notre société le principal vecteur de croissance », indique Joel VandenBrink, président-directeur général de la Seattle Cider Company. Le marché américain du « cider », produit sensiblement différent du cidre français, pourrait suivre une progression de 5 à 10 % dans les années à venir, selon certaines estimations. Soit une croissance plus forte que le marché mondial, qui écoule environ 2 milliards des litres. « Les ventes de cider des grands groupes comme Budweiser (Anheuser-Busch, ndlr), Samuel Adams, etc., déclinent. Celles du « craft cider », le cider artisanal, augmentent fortement », analyse-t-il.

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