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Transport
Transgourmet teste le biodiesel 100 % à Nantes

Le grossiste a obtenu une dérogation pour mettre sur la route un camion roulant au B100 fabriqué à partir d’huile de colza. Il teste d’autres solutions au gazole. Reportage.

Transgourmet a inauguré le 29 mars son premier camion roulant au biodiesel à 100%.
© T. G.

Transgourmet a inauguré le 29 mars sur son site de Carquefou, près de Nantes, un camion roulant au biodiesel à 100 % (B100). Une première dans son secteur d’activité en France. Pour conduire ce projet, la filiale du groupe suisse Coop s’est appuyée sur l’expertise des équipes suisses et allemandes de Transgourmet dans le domaine. « Nous souhaitions trouver une solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre qui soit à la fois pragmatique, économique et déployable avec un minimum de contraintes », déroule Bruno Scoarnec, directeur transport de Transgourmet France. Le grossiste a travaillé avec Renault Trucks sur la solution biodiesel et avec le carrossier Carrier pour concevoir un groupe frigorifique sous châssis afin de réduire les décibels émis. Transgourmet a choisi comme biodiesel le Diester, fabriqué par Saipol (groupe Avril) à partir d’huile de colza cultivé en France.

Ce nouveau camion de 16 tonnes roulant au biodiesel à 100 % est exploité depuis décembre par Transgourmet Ouest sur la région nantaise grâce à une dérogation accordée par la Direction générale de l’énergie et du climat. « L’homologation de ce carburant est proche », a indiqué une représentante de la DGEC lors de l’inauguration. Les dirigeants de Transgourmet tirent de leur côté un bilan positif des premiers mois de test. La consommation et les émissions de particules sont sensiblement équivalentes à celle d’un camion de norme Euro VI. La différence se mesure sur les émissions de CO2, le Diester les réduisant de 60 % par rapport au gazole si l’on compare l’ensemble du cycle de vie des deux carburants. L’adaptation du camion, qui est réversible, nécessite un investissement supplémentaire de 3 000 euros.

Un atout pour remporter des appels d’offres

Satisfait de l’expérience, le directeur du site de Carquefou, Gildas Cebron de Lisle, envisage, en fonction du futur cadre réglementaire favorable, d’investir l’an prochain dans 4 ou 5 nouveaux camions roulant au B100. « Nous allons communiquer auprès de nos clients, certains seront très sensibles au discours sur la réduction des gaz à effet de serre », avance-t-il, en pensant particulièrement à ses 1 500 clients, sur 4 500 au total, qui sont dans la sphère publique. Un atout qui pourrait lui permettre, comme le développement des gammes de produits locaux, de remporter de nouveaux appels d’offres publics.

Au niveau national, Transgourmet France multiplie les investissements et les innovations en matière de transport dans le cadre de sa politique de développement durable. Le grossiste investit chaque année 10 millions d'euros dans le renouvellement de sa flotte de près de 700 poids lourds, qui est pour moitié en Euro VI. Il expérimente des pistes alternatives aux énergies fossiles autres que le biodiesel : le GNV, le biogaz – en essai à Toulouse depuis un an, va bientôt tester l’hybride sur Paris –, l’électrique… « Notre objectif est d’avoir en 2025 40 % minimum de la flotte roulant avec des énergies renouvelables », annonce Serge Rey, directeur supply chain de Transgourmet France.

Du Diester au tourteau de colza

Transgourmet a choisi comme biocarburant le Diester, produit par Saipol (groupe Avril) sur cinq sites à partir d’huile de colza cultivé en France. Le groupe estime à 100 000 le nombre d’agriculteurs français producteurs de colza qui contribuent à la filière française du biodiesel. Par ailleurs, le développement des surfaces de colza en France (1,5 million d’hectares) a permis grâce à la coproduction de tourteaux de combler une partie du déficit français en protéines végétales, essentielles pour l’alimentation des animaux d’élevage. L’autosuffisance est ainsi passée de 23 % en 1980 à 55 % aujourd’hui. La production française de colza permet au total d’économiser 500 millions d'euros en importation de protéines végétales, indique Avril.

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