Aller au contenu principal

Savoir traiter avec les déstockeurs

Plutôt concentrées dans la moitié nord du pays, les sociétés de déstockage ont actuellement le vent en poupe. Cependant leur ressource est limitée et elles jouent surtout la carte du service.

La crispation de la consommation a donné un coup de fouet au déstockage des produits alimentaires. Destockplus.com, le premier site internet de petites annonces (1 570 alimentaires actuellement) a vu les offres des grossistes se multiplier. Les magasins de déstockage attirent toutes les catégories sociales.

Les produits préférés des déstockeurs ? Les grandes marques plus que les « produits blancs », les MDD, les boissons, biscuiteries, confiseries, conserves ainsi que les produits laitiers ultra-frais, les plats cuisinés et les produits carnés préparés. « La bière de Noël s’écoule mal au printemps, mais les merguez marchent très bien en ce moment », confie Thierry Berthier, président de la société Approstock (IDStock).

Leur ressource provient essentiellement de « l’effet accordéon » saisonnier, particulièrement accentué pour les glaces et les boissons, des stocks tampons sacrifiés devant l’exigence des distributeurs en matière de dates limites, ainsi que des fins de séries ou de promotions.

De la palette au semi-remorque

La ressource des déstockeurs ne progresse pas, affirme Rémy Adrion, pdg du leader Noz, depuis 33 ans sur le marché, en expansion régulière de 15 à 20 % par an. « Les déstockeurs n’achètent que les produits qui sont à vendre, et ne vendent que ce que les industriels veulent bien leur vendre, c’est-à-dire ce qu’il leur reste », scande-t-il. Cette ressource limitée met en concurrence les banques alimentaires, la destruction, les marchés de dégagement sur le Min de Rungis… et les déstockeurs entre eux. « Des industriels présentent notre offre à un concurrent », se vante Rémy Adrion (Noz). Les volumes achetés vont de la palette de quelques lots au semi-remorque, quel que soit le circuit. Les déstockeurs se positionnent en prestataires de service pour leurs clients de l’agroalimentaire. Les clés du métier : rapidité, organisation, concentration, fidélisation. Comme tous les prestataires, ils démarchent sur les salons ou par contact direct. Sauf IDStock, qui estime avoir fait le plein de fournisseurs potentiels dans le Nord-Pas-de-Calais. Ils travaillent tous de plus en plus en partenariat. Les prix négociés découlent directement du prix de vente au consommateur. En la matière, Noz fait référence. Les prix de détail sont analysés par un logiciel informatique à la centrale. Ils vont de -20 % à -90 % par rapport à la grande distribution.

Les déstockeurs conseillent à leurs clients d’anticiper afin de vendre au meilleur moment. Les enseignes sont soucieuses de la chaîne du froid et du respect des dates limites. Le « partenariat » se développant, certaines marques emploieraient le réseau du déstockage pour augmenter leur diffusion au moment d’un lancement. Coca-Cola est cité, ainsi que Danone. Le réseau est petit, certes, mais il touche toutes les catégories sociales, les produits sont peu nombreux donc visibles, et le bouche à oreille des consommateurs fait le reste. Quand verra-t-on une coopération commerciale des déstockeurs ?

Les plus lus

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio