Aller au contenu principal

Numérique
Réagir en cas d’attaque en déni de service

Une attaque en déni de service vise à rendre un site ou un serveur indisponible pour ses utilisateurs. La crédibilité de l’entreprise peut en pâtir, voire le chiffre d’affaires. Comment prévenir ce type de cyberattaque ?

Sur cybermalveillance.gouv.fr, on trouve des conseils aux victimes.
© DR

Le 16 janvier dernier, en pleine crise de la salmonelle, le serveur du site Internet du groupe Lactalis a été submergé par 350 000 requêtes, selon nos confrères du Point. Le site a été fortement affecté, et la liste des lots concernés par le retrait a dû être retirée momentanément. Un cas isolé ? Les grands groupes ne sont pas les seules cibles possibles pour ce type d’attaques, émanant d’individus isolés ou de collectifs dont les motivations sont diverses : vengeance, idéologie ou chantage.

L’attaque en déni de service, dite DDoS (distributed denial of service) vise, par de multiples requêtes menées par des robots, à saturer un serveur. Elle est visible publiquement, voire médiatiquement, ce qui laisse souvent une tache sur la crédibilité de l’entreprise victime. Si le site visé possède une activité d’e-commerce, la perte de chiffre d’affaires peut être importante. Ces attaques sont d’ailleurs parfois orchestrées par la concurrence !

Difficile de prévenir les attaques

Difficile de se prémunir des attaques, qui sont d’autant plus facilitées que certains cybercriminels vendent leurs services sur Internet. La personne mal intentionnée n’a donc pas besoin d’avoir un gros bagage technique. Il convient néanmoins avant tout de paramétrer correctement son pare-feu. Le choix de l’hébergeur est aussi important. A priori, ces attaques étant de plus en plus courantes, les principaux hébergeurs trouvent des réponses, une fois l’attaque DDoS détectée. Néanmoins, les petits hébergeurs ne sont pas tous parés pour réagir rapidement. En parallèle, il reste important d’installer systématiquement les mises à jour du système d’exploitation et des logiciels installés sur les serveurs.

Des outils à disposition

Le dispositif national d’assistance aux victimes de cybermalveillance, porté par une démarche interministérielle, guide les victimes, sur cybermalveillance.gouv.fr. Avec quelques questions, l’organisme effectue un rapide diagnostic et propose une liste de prestataires informatiques signataires de sa charte d’engagement à proximité.

En cas d’attaque, il faut avant tout contacter son hébergeur pour l’informer et faire filtrer les requêtes. Il faut aussi s’assurer que l’attaquant n’a pas profité de la diversion pour accéder à des informations sensibles. Au moindre doute, mieux vaut rapidement changer les mots de passe d’accès aux serveurs possiblement touchés. Si des sauvegardes sont effectuées régulièrement, on pourra alors les utiliser pour réinstaller complètement les serveurs.

Enfin, les victimes doivent déposer plainte au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie la plus proche. Des preuves techniques peuvent intéresser les enquêteurs, par exemple si vous avez récupéré (ou fait récupérer) les fichiers de journalisation (log) des serveurs touchés et de votre pare-feu.

Par ailleurs, le gouvernement enjoint aux entreprises victimes d’une menace d’attaque de ne pas céder au chantage et de ne pas payer la rançon réclamée. En effet, l’argent alimentera le système mafieux. De plus, rien ne garantit que l’attaque n’aura pas lieu ou que le cybercriminel était bien en position de la réaliser.

Ce que dit la loi

L’incrimination principale qui peut être retenue est celle d’entrave à un système de traitement automatisé de données. Dans le cas d’une attaque par déni de service, l’article 323-2 du Code pénal établit que l’infraction est passible d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende. Si l’attaque fait suite à un chantage, les faits peuvent alors être qualifiés de tentative d’extorsion punie par l’article 312-1 du Code pénal qui stipule qu’elle est passible de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 € d’amende.

Les plus lus

Drapeau de l'Ukraine
Poulet : l’Ukraine renforce ses accords et compte intensifier ses exportations en 2026

Les exportations de poulet ukrainien devraient progresser en 2026 vers l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui pourrait bien…

rayon boucherie en magasin
La flambée des prix du bœuf a plombé la consommation en 2025, porc et poulet en profitent

Les prix d’achat des ménages de la viande bovine ont affiché une croissance à deux chiffres en 2025, ce qui s’est traduit par…

drapeau turc qui flotte au vent
Volaille : la Turquie suspend ses exportations pour le Ramadan

Les exportations de volailles turques sont suspendues depuis le 9 février. Cette mesure prise par l’État turc, vise à contenir…

Le poulet vendu en boucherie
Volailles : le poulet et les produits élaborés tirent toujours la consommation

La consommation de poulet continue de progresser en France, portée par la restauration hors domicile, alors qu’elle stagne en…

zone de contention en abattoir
Quels sont les abattoirs de boucherie récemment en difficulté, en infographie

La France a perdu un abattoir sur 5 depuis 2010. En s’appuyant sur la presse locale, Les Marchés a tenté de dresser une carte…

graphique de prix des oeufs
Œufs : les prix des œufs au sol battent des records en Europe, pas la cage

L’évolution des prix des œufs français, au  février 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio