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Pour l'Ilec, « il n'y a pas eu de négociations » 2016


> 30 % des adhérents de l'Ilec ont rapporté des arrêts de commandes, selon son DG Richard Panquiault.
Contrats signés après le 29 février, déréférencements, baisses de tarifs, les négociations commerciales ont été éprouvantes pour les grandes marques. Pour réduire leurs coûts, elles pointent la menace des réductions d'effectifs.

Deux mois après la date butoir de clôture des négociations commerciales, l'Institut de liaisons et d'études des industries de consommation (Ilec), qui représente 75 entreprises fabriquant des produits de marques nationales et internationales, a tenu à faire le bilan des négociations commerciales 2016 de ses adhérents. « Nous faisons une enquête tous les ans mais cette année nos chiffres n'étaient disponibles que courant avril, explique Richard Panquiault, directeur général de l'Ilec, car les négociations commerciales se sont prolongées tout le mois de mars ». Une situation inédite pour l'Ilec. « Ce n'était encore jamais arrivé. 20 % des accords n'étaient pas signés le 29 février. Ce taux pouvait approcher les 50 % pour certains de nos adhérents ». L'Ilec a donc envoyé une lettre à Emmanuel Macron mi-mars pour lui faire part de ces irrégularités – sans réponse à ce jour. « Il n'y a pas eu de négociations, conti-” nue-t-il. Les distributeurs avaient fixé leurs baisses dès la fin d'année dernière, sans discussions possibles. Les accords ont été signés sous la contrainte, plus de 30 % de nos adhérents ont rapporté des arrêts de commandes, des déréférencements ou des menaces de rétorsion sur 15 à 70 % de leur chiffre d'affaires en janvier-février ».

20 % des accords n'étaient pas signés le 29 février

La promotion lourde devient la norme

Et les contrats signés ont très largement abouti à des baisses de prix. Plus de 80 % des adhérents de l'Ilec ont déclaré des baisses de tarif net, avec une médiane à - 1,9 % pour ceux du secteur alimentaire. « Sans contreparties proportionnées à la déflation », regrette Richard Panquiault. Généralement, les entreprises qui ont passé des hausses sont celles dont le prix de la matière première s'est envolé. « Mais cela ne comble pas l'augmentation du coût de la matière première », signale-t-il. Entre mars 2014 et février 2016, l'Ilec chiffre la dégradation des tarifs nets de ses adhérents à plus de 1,1 milliard d'euros. Une guerre des prix accentuée par une guerre des promos. « Les enseignes nous ont sortis des briefs avec des taux de promos incroyables pour 2016 ». Le taux de promotion lourde est passé de 11,8 % à 13,9 % entre 2011 et février 2016 en cumul courant. « Après la baisse du soutien publicitaire des marques, la variable d'ajustement de toute cette spirale déflationniste va être l'emploi, prévient le directeur général de l'Ilec. 40% de nos adhérents disent qu'ils travaillent sur des réductions d'effectifs. Un sujet que nous allons suivre de près dans les mois qui viennent ». Alice Flores

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