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Pour Didier Perréol, président du Synabio : « La HVE pourrait devenir un tremplin vers la bio, sous conditions »

Didier Perréol, président du Synabio.
Didier Perréol, président du Synabio.
© Synabio

Les Marchés Hebdo : Pourquoi les acteurs du bio demandent dans une lettre ouverte à Jean Castex la révision du projet de déclinaison française de la politique agricole commune ?

D. P : Il n’y a pas aujourd’hui d’accompagnements réels pour les producteurs biologiques dans ce projet. Nous voudrions un vrai accompagnement. Il peut prendre plusieurs formes, une TVA amoindrie, une défiscalisation – le crédit d’impôt dans le projet de loi de Finances est, dans ce sens, un bon signe. Pour le moment, les pouvoirs publics mettent la HVE au même niveau que la bio. Or, nous sommes loin des mêmes standards. On peut avoir une certification HVE sans avoir de réels contrôles sur les produits phytosanitaires par exemple.

LMH : Que craignez-vous si le plan stratégique national n’est pas modifié ?

D. P. : Le risque est un désintérêt des producteurs pour l’agriculture biologique, car, clairement, ils ont besoin d’accompagnement financier pour passer les trois années de conversion et de visibilité sur l’avenir. On ne construit pas une stratégie agricole sur le court terme, mais sur les 5 à 10 ans à venir. C’est un mauvais signal qu’envoient les pouvoirs publics. Si la HVE devenait une réelle démarche pour aller plus loin vers la bio, on dit pourquoi pas. Elle pourrait devenir un tremplin vers la bio, mais sous certaines conditions et seulement s’il y a une véritable démarche de progrès avec de vrais contrôles.

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