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Poulet « grand export » : la France peut être compétitive, démontre France Poultry

France Poultry (Châteaulin, Finistère), le dernier industriel français du poulet surgelé « grand export » poursuit sa route. Il cherche à maitriser ses coûts pour rester compétitif.

François Le Fort, président de France Poultry assis, Pascal Le Floc’h, président de Yer Breizh debout.
François Le Fort, président de France Poultry assis, Pascal Le Floc’h, président de Yer Breizh debout.
© Franck Jourdain

Qu’un industriel français poursuive l’aventure de la vente de poulets congelés sur le marché mondial sans aides à l’exportation paraissait inimaginable il y a quelques années. Après six années de fonctionnement, France Poultry a démontré le contraire. 

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Le Moyen-Orient, premier client de France Poultry 

Son usine tourne en deux huit avec 420 collaborateurs pour abattre, éviscérer et congeler 305 000 poulets par jour issus de 120 producteurs en intégration. L’an passé, France Poultry a commercialisé 80 000 tonnes de poulets vers le Moyen-Orient, dont 86 % vers l’Arabie Saoudite, le reste sur d’autres pays du Moyen-Orient et d’autres pays du monde via Farmor (groupe LDC), pour un chiffre d’affaires de 162 millions d’euros. 

France Poultry, héritier de Doux

France Poultry est né en 2018 à l’issue d’une large mobilisation de la filière et de la région Bretagne en reprenant une partie de l’ancien abattoir « poulet export » de Doux à Châteaulin. Fragilisé par la suppression des restitutions à l’exportation en 2013, le volailler Doux a été redressé puis cédé par appartements par la suite. L’activité « poulets export » a été confiée au négociant Saoudien Al Munajem and Sons, client historique des poulets Doux pour l’Arabie Saoudite, qui a pris 100 % des parts de France Poultry. Ses activités amont (accouvage, usine d’aliment, production) ont été placées dans la société Yer Breizh créée à la même époque, avec comme actionnaires France Poultry, LDC Amont, Eureden et la région Bretagne.

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Un abattoir compétitif au niveau mondial

 « La clé dans notre activité, c’est la maitrise des coûts », souligne François Le Fort, président de France Poultry. Dès le départ, « nous avons divisé par quatre les effectifs des fonctions support (24 personnes aujourd’hui) »

« nous avons divisé par quatre les effectifs des fonctions support »

Sur le plan industriel, l’abattoir est tout à fait compétitif (305 000 poulets/jour en deux huit) dans le concert mondial avec « une productivité quatre fois supérieure à un abattoir brésilien », affirme le dirigeant. L’autre clé stratégique de France Poultry, c’est la force de ses marques Doux et Suprême au Moyen-Orient et son positionnement premium. L’industriel met sur le marché des poulets « croissance intermédiaire de type JA (1,350 kilo de poids vif après 35 jours d’élevage contre 28 pour le reste du marché) qui donne une viande un peu plus goûteuse », précise Pascal Le Floc’h, président de Yer Breizh

« une productivité quatre fois supérieure à un abattoir brésilien »

Continuer de maîtriser les coûts

Pour autant, l’entreprise connait des cycles parfois difficiles. Surtout depuis 2021 avec les inflations qui l’ont frappé de plein fouet (prix des céréales, de l’énergie, du transport maritime perturbé par les Houthis en mer Rouge). Ou à l’automne dernier, quand le marché saoudien a été fermé deux mois à la suite d’un cas de grippe aviaire détecté dans le Finistère. France Poultry n’a donc pas d’autre solution que de continuer à maitriser ses coûts. Après avoir investi prudemment ces dernières années (16 millions d’euros depuis 2018), il cherche à réduire sa consommation électrique par l’installation de panneaux photovoltaïques. Il songe également à investir pour réutiliser l’eau de traitement. Par contre il ne prévoit pas d’augmenter ses capacités, mais les maintenir. 

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