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Porc : « Nous avons formé 500 éleveurs aux marchés à terme»

Fondée il y a 8 ans par Renaud de Kerpoisson, diplômé de l’Institut de gestion International Agroalimentaire, ancien collaborateur de Matif SA, la société Offre & Demande Agricole a pour vocation l « aide à la commercialisation et à la gestion des risques » de marché. Elle a 20 salariés dont 5 formateurs répartis entre le siège de la Guerche-sur-l’Aubois dans le Cher, l’agence de Nantes et la toute récente agence de Reims. ODA projette d’ouvrir d’autres agences l’an prochain en Allemagne, Hollande, Espagne et Grande-Bretagne.

Les Marchés : Quel bilan faites-vous du Space ?

RK : C’était un très bon salon. L’étoile que nous avons décrochée à Innov’Space pour notre service « stabilisation de la marge porc » est un signe de reconnaissance du milieu agricole. Nous avons pris 400 contacts, distribué nos Cd-rom expliquant ce que sont les marchés à terme et comment les agriculteurs et éleveurs peuvent les utiliser pour couvrir leurs risques financiers. Cette année, les éleveurs de porc charcutier étaient particulièrement convaincus du danger des fluctuations du prix des matières premières, des aliments composés et du porc. J’espère que nous en convaincrons qu’il faut au moins 4 jours de formation et un suivi pratique pour approcher autant de marchés que ceux du tourteau de soja, du dollar, des marchés européens des céréales et graines oléagineuses, des produits saisonniers et stockables comme le blé et du produit non stockable qu’est le cochon.

LM : Quelles sont les possibilités en production porcine et où en est Offre & Demande agricole sur ce marché ?

RK : Nous avons lancé les premières formations en 2002. Aujourd’hui, près de 500 personnes du secteur les ont suivies et nous encadrons 10 clubs regroupant une centaine d’éleveurs. Le marché de la carcasse de porc à Hanovre, en Allemagne, a été lancé en 1998. Il constitue aujourd’hui un outil fiable grâce auquel les producteurs bretons peuvent se couvrir. Nos partenaires comptent Refco, entreprise de courtage sur les marchés financiers, le Crédit mutuel, ARC, fabricant d’aliments porcelets et Mixofarm, entreprise de conseil pour les fabricants d’aliments à la ferme.

Nous sommes développés en taches d’huile, par le bouche à oreille, en Pays de la Loire, en Bresse, en Haute-Saône, et dans le Nord.

LM : Comment les groupements voient-ils votre arrivée ?

RK : Avec une certaine défiance, comme les organismes collecteurs de céréales, au début. Ils craignent pour leur crédibilité quand on dit aux éleveurs qu’ils peuvent fixer leur marge plusieurs mois à l’avance et profiter de décalages de prix conjoncturels entre différents marchés. Ils ont tort. Les groupements et le marché de Plérin gèrent des flux de marchandise. A Hanovre on gère un risque de prix. Ce sont deux démarches complémentaires. Ce n’est pas l’éleveur de porcs opérant sur les marchés à terme qui spécule, c’est l’autre, celui qui n’entreprend rien pour sécuriser ses revenus. Toute l’Amérique porcine, Nord et Sud, pratique les marchés à terme. Aux Etats-Unis, les prêts aux agriculteurs sont conditionnés à la connaissance des techniques de couverture de marché.

De même, certains groupements pensent qu’ils peuvent se passer des contrats à terme. Ils passent à côté de l’optimisation.

LM : Les fabricants d’aliments sont-ils plus compréhensifs ?

RK : Oui, je peux dire que dans le domaine des matières premières, nous faisons partie des meubles. Les fabricants sont depuis longtemps habitués à acheter à l’avance leur tourteau de soja ou du manioc. Nous avons des partenariats avec la firme services Idena et l’équipementier Keenan pour les fabricants d’aliments à la ferme.

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