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Porc : le savoir-faire de l'Ifip, soft power de la filière porcine française

L’Institut technique du porc (IFIP) déploie son savoir-faire et son expertise un peu partout dans le monde. Une activité peu connue, essentielle pour faire briller la production porcine française dans le monde, qui dégage des retombées concrètes sur des opérateurs de l'Hexagone en génétique, équipement, nutrition animale. 

Un élevage porcin au Cambodge
L'Ifip a bouclé cette année une mission de trois ans sur la biosécurité en production porcine au Laos, Vietnam, Cambodge et Philippines où sévit la peste porcine africaine
© Ifip

Les missions de formation de l'Ifip, l'Institut du porc français, réalisées principalement en Afrique et en Asie restent marginales. Mais elles sont véritablement stratégiques car elles génèrent de l’activité pour les firmes génétiques et les équipementiers français. Il arrive bien souvent qu’à la suite de ces missions, des avions chargés de reproducteurs décollent de France pour peupler les élevages en sélection des pays clients. Ou que des équipementiers y vendent leurs matériels ou des fabricants d’aliments leurs prémix. L’Institut technique travaille depuis de nombreuses années en Europe avec ses homologues sur des sujets transversaux (sanitaire, transport des animaux, sécurité alimentaire, etc.).

« Nous avons apporté des connaissances sur le risque PPA et formé des vétérinaires sur place »

La France exporte son savoir-faire porcin

Ces missions d’accompagnement technique à l’international ont démarré au début des années 2000 à la demande de la Chine qui cherchait à l’époque « à moderniser sa production », explique Édouard Bienassis, en charge de ce dossier à l’IFIP. Depuis, l’IFIP a renforcé son offre d’assistance, qu’il s’agisse d’accompagner des filières ou des coopératives par la mise en place de formations de techniciens sur place ou en distanciel, la définition d’itinéraires stratégiques, ou d’accompagnements plus ciblés. Par exemple en génétique -peuplement renouvellement, schéma génétique…- ou en nutrition. Le savoir-faire français en production porcine est désormais recherché. 

Lire aussi : Porc : en Chine, la Russie profite de la guerre commerciale 

Un soutien de la fondation Bill et Melinda Gates

Par exemple, « nous bouclons cette année une mission de trois ans sur la biosécurité en production porcine au Laos, Vietnam, Cambodge et Philippines où sévit la peste porcine africaine, poursuit Édouard Bienassis. Avec VETAGRO-SUP, l’ENSV, le CIRAD et l’AVSF (Agronomes et vétérinaires sans frontières), nous avons apporté des connaissances sur le risque PPA et formé des vétérinaires sur place ». 

Lire aussi : Peste porcine africaine : une épizootie en France ferait chuter de 14 % le cours du porc

Un autre dossier en cours (2024-2026) porte sur le développement de la production porcine dans plusieurs États du nord-est de l’Inde avec un soutien financier de la Fondation Bill et Mélinda Gates. Là, l’IFIP dépêche sur place des ingénieurs amont et aval pour aider tout à la fois au développement de l’élevage et de l’abattage.

 « Si nous n’y allions pas, ce sont les Danois ou les Hollandais qui effectueraient ces missions »

Des productions locales non concurrentes du porc français

En Afrique, l’IFIP a signé l’an passé un contrat de partenariat avec la Côte d’Ivoire pour développer une filière qui produit 13 000 tonnes de viande de porc dans un pays qui « en consomme dix fois plus ». D’autres pays seraient en passe de signer avec l’IFIP. L’Institut du Porc rechigne généralement à évoquer ces actions qui ne sont pas forcément comprises en France. Des producteurs redoutent en effet que ces filières porcines émergentes viennent un jour concurrencer leur production. Mais faut-il craindre l’importation de pièces de porcs du Cambodge, d’Inde ou du Cameroun ? Assurément pas. « Si nous n’y allions pas, ce sont les Danois ou les Hollandais qui effectueraient ces missions, souligne Édouard Bienassis. C’est à chaque fois l’occasion de leur rappeler la possibilité d’importer nos excellents produits porcins pour satisfaire leur demande intérieure ».  

 

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