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Eckhard Heuser, directeur du MIV, la fédération des entreprises laitières allemandes
« Plus d’export, avec un focus en Chine, Russie et aux USA »

« Nous avions autrefois une règle de trois : 30 milliards de litres à 30 cents avec 30 000 producteurs. Nous comptons à l’avenir remplacer le 3 par un 4 pour les deux premiers chiffres. Mais il faut nous laisser le temps », annonce Eckhard Heuser, directeur du MIV, l’Atla allemand.

Eckhard Heuse,
directeur du MIV
Eckhard Heuse,
directeur du MIV
© R. Lemoine

 

Comment la filière laitière allemande se prépare-t-elle à la fin des quotas ?

Eckhard Heuse - Chaque transformateur et chaque exploitation laitière se prépare individuellement à la sortie des quotas. Avant 1984, date de l’instauration des quotas en Europe, nous produisions et commercialisions du lait en Allemagne. Cela fonctionnera aussi dès 2015.

 

Quelles sont les évolutions attendues en termes de production ?

E. H. - À court terme, les producteurs vont bénéficier d’une liberté supplémentaire. Pas de quotas, pas de superprélèvements, moins de bureaucratie et c’est très bien ainsi. Si, comme l’an passé, le prix du lait reste attractif, l’augmentation de la production s’accélèrera. J’estime que la production laitière augmentera de 1 à 2 % annuellement.

 

Vous attendez-vous à des mouvements de la production laitière ?

E. H. - Les migrations régionales de la production laitière vont s’accélérer au bénéfice des régions côtières et de pâturages. Toutefois, l’Allemagne est dans une situation particulière : les subventions versées au secteur des énergies renouvelables ont conduit à de très fortes augmentations des prix des terres agricoles, ce qui constitue une menace pour les producteurs laitiers.Des aménagements sont nécessaires en la matière.

 

Sur quels produits les entreprises misent-elles ?

E. H. - L’Allemagne est un pays de fromages. Mais pour augmenter notre production de fromages, exporter est un impératif. Et ce n’est pas toujours simple, comme avec la Russie, un marché qui présente de nombreuses difficultés de ce point de vue. Ensuite viennent d’autres produits : poudres, lactosérum, aliments infantiles… De nombreux projets sont en cours de réalisation.

 

Quel est l’objectif de l’Allemagne à l’export ?

E. H. - Aujourd’hui, 45 % du lait allemand trouve son débouché ailleurs que sur le marché national, contre 30 % il y a dix ans. Les exportations augmentent. Les transformateurs font d’importants efforts en la matière. Nous n’avons plus de mesures d’accompagnement. Bruxelles a fixé à zéro les restitutions et notre organisme commun de soutien de l’exportation, CMA, a été démantelé. Mais on peut, apparemment, s’en passer ! Notre objectif reste inchangé : plus d’exportation avec un focus sur Moscou,Washington et Pékin. Aujourd’hui, seulement 10 à 15 % des exportations vont vers les pays tiers.

 

Quels sont les rapports avec la grande distribution ?

E. H. - Ce fut simple. La bonne tenue du prix de la matière première a permis d’obtenir une augmentation des prix en mai et en novembre 2013, bien que modérée. Ceci s’est traduit par une augmentation de l’ordre de 9 centimes par litre. Comment cela se passera-t-il cette année ? Reste à voir ! Entretemps, la production est repartie à la hausse en Europe et les aides au stockage privé du beurre nous font défaut. Si les autres pays européens ne s’alignent pas sur le prix du lait à la production, nous pourrions perdre notre avantage concurrentiel.

 

IDENTITÉ


Eckhard Heuser est directeur du MIV, l’association de la transformation laitière allemande qui représente 95 % du lait allemand et 100 % des produits exportés. Avec un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 22 milliards d’euros, l’industrie laitière allemande est le secteur le plus important de l’agroalimentaire allemand.

 

CHIFFRES CLÉS

 

L’Allemagne laitière en chiffres

• Nombre d’exploitations : 82865
• Production: 30,3 millions de tonnes dont 1 million en consommation à la ferme
• Lait transformé : 30,7 millions de tonnes dont 1,4 million de tonnes importé

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