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Pas de mondialisation sans coopératives

Philippe Mangin, Xavier Beulin et Luc Guyau face à deux dirigeants de grandes coopératives.

La réussite de la filière oléagineuse a été donnée en exemple, au débat de Coop de France hier, comme possibilité du monde agricole à se passer d'une organisation commune de marché. L'organisation présidée par Philippe Mangin ne souhaite pas le démantèlement des OMC agricoles ; elle veut démontrer que l'organisation des acteurs permet de résister à la mondialisation. Sans filet protecteur ni aide spécifique, les producteurs de colza et de tournesol bénéficient d'une politique contractuelle bien orchestrée. Ils perçoivent davantage que leurs homologues allemands pour les graines destinées à la production énergétique, en dépit du soutien public apporté outre-Rhin à cette filière, a souligné Xavier Beulin. Le président de la Fop a utilisé cet argument pour répondre aux critiques de mainmise monopolistique sur ce débouché.

La coopérative Champagne Céréales capte des marchés à forte valeur ajoutée grâce à la mise en commun d'importants moyens de recherche et développement, a témoigné son président Pascal Prot, successeur de Jacques de Bohan décédé cette année. Par ailleurs, sa filiale Malteurop a eu la force de s'implanter en Espagne, en Allemagne, en Chine et en Ukraine. Le groupe de malterie n'existerait plus s'il n'avait joué la carte de l'international, a estimé le dirigeant. Pour autant, la première coopérative céréalière européenne pourrait recourir à l'investissement direct des agriculteurs sur certains projets, a-t-il confié.

Selon Jean-Marie Meulle, directeur général d'Agrial, il faut être prêt à dépasser le champ coopératif pour entreprendre. La coopérative est alors le lieu où les agriculteurs cultivent la même ambition. Ne niant pas que toutes les filières d'Agrial soient exposées à un « fort risque de délocalisation », le directeur général a lancé un message à l'attention des décideurs politiques : de nombreux secteurs de l'industrie alimentaire, comme les légumes et la viande, sont aussi exposés du fait de leur besoin en main-d’œuvre.

Dommage que le ministre de l'Agriculture n'ait « pas été capable de trancher » sur la question du rôle des organisations de production au cours des débats sur la Loi d'orientation agricole, a regretté Luc Guyau, président de l'APCA (assemblée permanente des chambres d'agriculture). Tandis que Gaël Grosmaire, vice-président de JA, a supplié les dirigeants présents de mieux intégrer les jeunes dans les coopératives. Ce qui passe, selon Luc Guyau, par la création de valeur ajoutée.

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