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Sécurité sanitaire
Oxyde d’éthylène : le risque est pour les industriels

Les résidus d’oxyde d’éthylène concernent d’autres matières premières que le sésame, et d’autres origines que l’Inde. Les rappels de produits pourraient-ils être évités ?

Depuis le signalement de sésame indien contaminé à l'oxyde d'éthylène, d'autres ingrédients de plusieurs origines se sont révélés non conformes. © Uwe Baumann de Pixabay
Depuis le signalement de sésame indien contaminé à l'oxyde d'éthylène, d'autres ingrédients de plusieurs origines se sont révélés non conformes.
© Uwe Baumann de Pixabay

Dans de la farine de caroube et de la gomme de guar, dans du curcuma, du gingembre, du fenugrec, du café, de la spiruline, du psyllium… Ce sont les derniers signalements d’ingrédients contenant des taux non réglementaires de résidus d’oxyde d’éthylène sur le portail RASFF de l’Union européenne. Ils ne concernent plus uniquement le sésame. D’autres pays d’origine que l’Inde se révèlent.

Les produits rappelés en France sont visibles sur le site officiel Rappel Conso. Ce sont des compléments alimentaires, des glaces, des galettes végétariennes, des conserves de poisson, etc., conventionnels ou biologiques. La France s’impose une doctrine ferme à l’encontre de ce résidu toxique : des autocontrôles d’ingrédients en alimentation humaine comme animale, et si le lot intégré s’avère non conforme aux taux européens, les produits finis subissent un retrait/rappel du marché.

Le rappel « purement préventif » de Petit Navire

Les marques, les industriels et les distributeurs sont très contraints par la réglementation. Le fabricant des conserves de poissons Petit Navire (Thai Union) en a fait récemment l'expérience. « Nous effectuons des contrôles rigoureux sur nos fournisseurs et exigeons également des certificats de conformité réglementaires écrits concernant la qualité des ingrédients qu’ils nous fournissent, informe la direction de la communication. Malgré cela, il y a eu des défaillances dans les contrôles effectués par le fournisseur sur ces ingrédients. Depuis, nous avons renforcé nos protocoles, ainsi que nos contrôles sur les produits de nos fournisseurs. »

Le 17 mai 2021, l’industriel français a dû procéder au rappel de lots, car fabriqués à partir d’oignons et d’échalotes déshydratés en provenance d’Inde et signalés comme étant contaminés par de l’oxyde d’éthylène (ce rappel se termine le 10 juillet 2021). Il a mis en place des tests complets, en plus d’effectuer une analyse de traçabilité et de risque de tous les produits finis concernés. Il déclare avoir fait établir des rapports toxicologiques et réaliser des analyses par deux experts distincts, « reconnus et indépendants ».

Il démontre ainsi que « la consommation des produits Petit Navire n’a aucun impact sur la santé des consommateurs, et que ses méthodes de production rendent de façon effective l’oxyde d’éthylène inoffensif dans ses produits finis ». La marque s’autorise en conséquence à communiquer ceci : « Ce rappel est donc purement préventif, et la marque ne pense pas qu’il y ait un quelconque danger pour les consommateurs. »

« Plus d’un millier de produits ont été rappelés en France contre une centaine seulement entre la Belgique et l’Allemagne »

La directrice générale adjointe de l’Association des entreprises de produits alimentaires élaborés (Adepale), Karima Kaci, regrette que les industriels français ne puissent commercialiser des produits soumis à des tests libératoires. « Plus d’un millier de produits ont été rappelés en France contre une centaine seulement entre la Belgique et l’Allemagne », compare-t-elle. Elle informe que l’Adepale demande à la Commission européenne d’organiser au sein de l’Union européenne une gestion « proportionnée et harmonisée » des rappels de produits contaminés à l’oxyde d’éthylène.

Produit interdit, résidus autorisés

L’oxyde d’éthylène est un gaz employé dans certains pays tiers contre les infestations d’insectes ou antimicrobien sur les produits agricoles. Ces usages sont interdits dans l’Union européenne. L’oxyde d’éthylène est reconnu cancérogène, mutagène et reprotoxique en cas de consommation élevée et répétée, selon le RASFF. Le signalement d’importants taux dans du sésame indien dès août 2020 a conduit l’Union européenne à exiger dès le 22 octobre 2020 de tester systématiquement les graines de sésame d’Inde pour l’oxyde d’éthylène et de certifier une teneur inférieure à 0,05 mg/kg avant utilisation.

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