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Œufs : que sont les « cage-free credits » qui permettent à Lagardère Travel Retail de respecter ses engagements hors-cage dans le monde

Lagardère Travel Retail est la première entreprise au monde à utiliser un système de crédits hors cage pour réussir sa transition vers l’œuf alternatif, une innovation saluée par les associations animalistes. Ce montage permet de résoudre les problèmes logistiques sur l’approvisionnement en œufs alternatifs en Asie en soutenant la transition.

elevage en indonésie
Global Food Partners développe les connaissances pour l'élevage de poules pondeuses hors des cages, ici en Indonésie
© Global Food Partners

Lagardère Travel Retail, leader mondial de l'industrie des services de restauration aux voyageurs (gares, aéroports), s’était engagé en 2018 à ne plus utiliser d’œufs de poules élevées en cage d’ici 2026. C’est chose faite en 2025, selon le rapport de progrès publié par la multinationale française. 

Lire aussi : « 3 supermarchés sur 4 vendent encore des œufs de poules élevées en cage malgré leurs engagements »

« Le groupe est présent dans 51 pays, et les approvisionnements en œufs de poules non-élevées en cage étaient un vrai défi en Asie » explique Léo Le Ster, Principal Strategist pour l’Open Wing Alliance. Seuls les œufs achetés en Europe, Amérique, Afrique, et au Moyen-Orient étaient physiquement hors-cage.

Un système de crédit pour faciliter la transition des producteurs d’œufs.

En effet, en 2024, aucun œuf acheté en Asie par les activités de restauration du groupe étaient issus de poules élevées en modes alternatifs. En 2025, 62 % d’entre eux étaient issus de poules élevées en modes alternatifs et 38 % d’un système de crédit, mis en place par l’entreprise Global Food Partners, basée à Singapour. 

Aider les producteurs à la conversion vers l’œuf alternatif

En achetant ces crédits, les entreprises peuvent conserver leur fournisseur d’œufs habituel. Un crédit cage-free représente 1 000 œufs produits dans des systèmes sans cage. Les producteurs de ces œufs bénéficient des crédits pour limiter les coûts de la conversion à l’alternatif et amortir la hausse des coûts de production. « Il faut comprendre ce système en pensant à celui des crédits carbone » illustre Leo Le Ster. Concrétement, Lagardère Travel Retail achète des œufs de cage, paie la différence de prix avec l’alternatif sous forme de crédits « cage-free » qui sont reversés à des petits producteurs d’œufs alternatifs asiatiques. Ils peuvent ainsi être localement compétitifs face aux œufs issus de poules élevées en cage. 

Lire aussi :Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

Plusieurs entreprises utilisatrices des crédits « cage-free »

Si Lagardère Travel Retail est la première entreprise à pouvoir afficher un approvisionnement 100 % hors cage grâce à ce système de crédit, d’autres entreprises l’utilisent selon Global Food Partners qui cite Unilever, Compass Group, Club Med… une liste de multinationales ayant leur siège en Europe ou en Amérique du Nord où elles subissent la pression des associations animalistes. « Nous sommes très favorables à cette démarche » appuie Léo Le Ster. 

Un système temporaire avant de l’œuf physiquement hors cage

Interviewé par Forbes.com, Lewis Bollard d’Open Philanthropy salue ce système de crédit, tout en appuyant sur l’importance de le réserver à l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord pouvant passer à l’œuf alternatif sans ce système incitatif. L’ONG pointe l’importance de n’y avoir recours que sur le court terme ; moins de cinq ans, avant de passer physiquement à 100 % hors-cage, et demande que les entreprises soient transparentes sur la part de leurs approvisionnements réellement hors-cage et celle obtenue grâce aux crédits. 

A plus long terme, Global Food Partners annonce réfléchir à déployer ce système sur le poulet et le poisson. 

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