Œufs : Le premier quota d’ovoproduits réservé au Mercosur rempli sur le champ par une seule entreprise
La firme argentine Ovoprot a fourni en quelques jours le premier quota détaxé d’ovoproduits attribué au Mercosur dans le cadre de son accord de libre-échange avec l’UE appliqué provisoirement. Tous les pays du Mercosur sont intéressés par ce quota jugé trop faible.
La firme argentine Ovoprot a fourni en quelques jours le premier quota détaxé d’ovoproduits attribué au Mercosur dans le cadre de son accord de libre-échange avec l’UE appliqué provisoirement. Tous les pays du Mercosur sont intéressés par ce quota jugé trop faible.
À peine ouvert le 1er mai dernier, le quota d’importation européen d’ovoproduits ouvert par l’accord commercial intérimaire entre l’UE et le Mercosur prévu pour 2026 a d’emblée été totalement rempli par une seule et même entreprise argentine, Ovoprot.
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Œufs coquilles et ovoproduits ont été exportés vers l’UE
Celle-ci a expédié courant mai la totalité du quota initial, soit « 333 tonnes (t) d’œufs coquilles et 74 t de poudre d’œuf entier », précise Diego Seimandi, le directeur commercial de Tecnovo, un concurrent local d’Ovoprot, peu réjoui devant le fait accompli de la règle du « premier arrivé, premier servi » qui prévaut durant cette première année de l’application de l’accord pour tous les quotas d’aliments dits sensibles réservées aux filières agricoles du Mercosur.
« l’Argentine fut le premier fournisseur externe de l’UE d’ovoproduits en 2008 »
Javier Prida, le directeur de l’inter-filière de l’œuf argentine (CAPIA, Chambre argentine des producteurs et industriels de l’œuf), rappelle que « l’Argentine exporte des ovoproduits en Europe depuis 1997 et fut même le premier fournisseur externe de l’UE d’ovoproduits en 2008 ».
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4 pays se partagent le quota
Selon lui, « l’impact de l’accord commercial intérimaire avec l’UE est quasi nul sur le segment des ovoproduits. Cet accord a été très mal négocié côté Mercosur », juge-t-il. Car le contingent détaxé prévu par l’UE pour les ovoproduits sud-américains est de seulement de 2 500 t par an au bout de 8 ans, soit à peine 20 conteneurs. « Au début, seule l’Argentine était sur le créneau », explique-t-il.
« Seule une épidémie de grippe aviaire en Europe pourrait amener Bruxelles à augmenter ce quota d’ovoproduits réservé au Mercosur »
« Au fil des négociations, le Brésil a obtenu l’agréement pour exporter ses ovoproduits en Europe, donc ce quota chiche au départ a dû être partagé par deux pays, et il le sera bientôt par les quatre pays du Mercosur, car le Paraguay et l’Uruguay réclameront tôt ou tard leur part du gâteau ». Impossible de revenir sur ces négociations durement arrachées, dit-il. « Seule une épidémie de grippe aviaire en Europe pourrait amener Bruxelles à augmenter ce quota d’ovoproduits réservé au Mercosur ».
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Hors de ce quota, la taxe européenne sur les importations sud-américaines d’ovoproduits diminuerait cette année de 12,8% à 11,6%, selon Diego Seimandi, qui cite ici son unique importateur italien.
L’Europe exporte ses machines pour les casseries
« Produire des œufs en Europe coûte de plus en plus cher », selon Javier Prida. « Or, ce n’est pas le cas en Amérique du Sud où croît la production de maïs et de soja. Mais grâce à cet accord de libre-échange, les industriels européens du secteur de l’œuf vont pouvoir vendre plus facilement leurs machines et intrants aux fabricants de poudre sud-américains. Les premiers n’ont pas de limite à leur business, tandis que nous, si », déplore-t-il.
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Sur le marché argentin, le liquide congelé à 1,8 $/kg
Javier Prida estime que « dès que la valeur FOB de la poudre d’œuf entier au départ d’Argentine passe sur la barre des 6 ou 6,5 US$/kg, en exporter vers l’Europe devient corsé. Avec des droits de douane de 1,31 €/kg, c’est dissuasif », dit l’Argentin.
« La filière brésilienne des ovoproduits est très ambitieuse à l’export »
« En ce mois de mai, les prix FOB de référence du marché argentin sont de 7 à 8 US$/kg pour la poudre d’œuf entier, tandis que la valeur du liquide congelé est de 1,8 à 2 US$/kg », informe-t-il.
Trois firmes argentines (Tecnovo, Ovobrand et Ovoprot) ont expédié vers l’UE, l’an dernier, « environ 2 300 t d’ovoproduits sur un total exporté autour de 5 000 t », selon Javier Prida, qui juge ce volume « stable ».
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Il prévoit que « le Brésil va sortir les crocs avec des facilités de paiement que nous autres, Argentins, ne pouvons offrir à nos clients européens. La filière brésilienne des ovoproduits est très ambitieuse à l’export avec l’objectif d’y destiner 10% de sa production, notamment des poudres d’œuf entier en Europe et des œufs coquilles en Afrique », précise-t-il.