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« Nous avons besoin de simplification, mais elle ne vient pas. Il y a beaucoup de paroles, mais peu d'actes »



Jean-Bernard Solliec, vice-président de l'Association bretonne des entreprises alimentaires. Représentant de l'agroalimentaire au comité économique et social de Bretagne au nom du Medef.

Les Marchés Hebdo : Que vous inspire cette première année d'application du Pacte d'avenir pour la Bretagne et de son plan agricole et agroalimentaire ?

Jean-Bernard Solliec : Il y a une vraie volonté de l'État et de la Région Bretagne de faire avancer les choses. Tout a été fait pour accompagner les salariés qui ont perdu leur travail. Mais je remarque qu'il n'y a pas encore l'esquisse d'un vrai projet, malgré tout ce qui a été dit. Tous les obstacles qui ont conduit notre secteur à l'impasse demeurent : le contexte réglementaire difficile, la prédation de la grande distribution, la concurrence déloyale exercée par l'Allemagne, etc. C'est ce contexte qui a fait de 2013 une année charnière, parce qu'elle a été le théâtre de problèmes bien distincts : la fin des restitutions à l'exportation pour la volaille export, quelque chose qui était prévu ; les difficultés du maillon de l'abattage de porcs et de volailles.

LMH : Dans quel sens, selon vous, le plan agricole et agroalimentaire d'avenir pour la Bretagne doit-il orienter le secteur ?

J.-B. S. : D'abord, il ne faut surtout pas enlever à la Bretagne sa capacité à servir tous les marchés mondiaux. Notre région dispose d'un vrai écosystème agroalimentaire. C'est sa force. Maintenant, il faut apporter des solutions aux crises que nous venons de vivre. Le secteur agroalimentaire a besoin que l'État lui dise qu'il peut faire preuve de fermeté. Fermeté face à l'Allemagne, en particulier au sujet du salaire minimum annoncé mais non encore appliqué ; fermeté vis-à-vis de la grande distribution qu'on laisse se concentrer sans que l'autorité de la concurrence n'intervienne. Fermeté enfin sur son administration : nous avons besoin de simplification, mais elle ne vient pas. Comment comprendre, sinon, qu'on nous impose un compte pénibilité ? Il y a beaucoup de paroles, mais peu d'actes.

LMH : Le Pacte ne doit-il pas être considéré comme un cadre dans lequel les acteurs doivent inventer eux-mêmes leur futur ?

J-B. S. : Effectivement. L'ABEA et les syndicats de salariés (à l'exception de Force ouvrière) ont mis en place une instance de dialogue social pour réfléchir aux évolutions de l'industrie et ainsi anticiper les conséquences sociales. Maintenant, je ne suis pas sûr que tout le monde tire dans le même sens, quand je vois la région Bretagne privilégier dans ses aides les circuits courts et l'agriculture biologique. Il faut avoir à l'esprit que la Bretagne doit mixer plusieurs agricultures, les unes travaillant à l'exportation, les autres nourrissant les populations locales.

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