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McDonald’s remonte aux sources du bovin

Eric Gravier, le vice-président de McDonald’s France qui prend en charge les relations publiques de la chaîne de restauration rapide, a son idée sur l’approvisionnement des restaurants. Il privilégie une approche réaliste.

Dans la luminosité naturelle d’une vaste étable moderne toute en bois, 90 vaches laitières se prélassent en attendant de monter sur le manège de traite automatique. Lundi, McDonald’s France avait convié dans un gros élevage du Sud du Loiret quelques consommateurs-témoins. Un couple de grands parents, une jeune diététicienne ou un ingénieur agronome en préretraite faisaient partie de ces personnes appelées à dialoguer sur avec la chaîne de restauration rapide de son amont agricole. 

Les vaches qu’ils ont vues consomment à volonté un mélange d’ensilage de maïs et d’herbe, de luzerne et de soja. Elles se font servir un concentré céréalier par le distributeur qui délivre à chacune sa dose quotidienne au signal d’une puce électronique individuelle. Elles sortent « pour se dégourdir les pattes plus que pour brouter », explique l’éleveur. Une partie de la viande consommée chez McDo vient de ces vaches laitières, « réformées» vers l’âge de six ans. 

Telle est l’image réaliste de l’élevage qu’entend véhiculer Eric Gravier, le vice-président de McDo France qui prend en charge les relations publiques de la chaîne après s’être chargé des achats et de la qualité. Présent à la visite, Eric Gravier a exposé son souci que les éleveurs s’associent et se spécialisent pour rationaliser leur activité et surtout, pérenniser leur activité. Le contexte est particulier en viande bovine : les Français consomment moins de pièces à griller et davantage de steaks hachés. Du coup, les quartiers avant des bovins sont très demandés. Un vrai défi pour l’enseigne qui consomme 1 steak haché surgelé sur 4 produits en France et son fabricant McKey, qui a collecté l’an dernier la viande de quelque 400 000 bovins auprès de 27 abattoirs français.

Réservation en amont avec la SVA

Pour sécuriser ses approvisionnements, McDonald’s expérimente un système contrat avec les éleveurs ou de « réservation en amont » en Lorraine avec la Coopérative agricole de production de viande (CAPV). Une cinquantaine de carcasses sont ainsi partagées chaque semaine entre McKey et la SVA, avec l’espoir que le fournisseur intégré d’Intermarché saura mieux vendre les arrières que le précédent partenaire Metro. La même démarche est à l’étude avec les coopératives Terrena et Agrial, indique le responsable à la journaliste des Marchésqui s’est jointe aux témoins.

La journée de découverte comportait la visite de l’usine McKey à Orléans, qui en ce moment fonctionne presque à plein régime. Trois équipes s’y succèdent en 21 heures sur 5 des 6 chaînes de production. L’an dernier, 34 700 tonnes de steak haché surgelés sont sortis de ces murs à destination des restaurants McDonald’s (un millier en France, une centaine en Belgique et au Maroc), dont un faible volume à destination des restaurants Restauroute (livrés par Davigel) et El Rancho. Les responsables n’ont pas caché qu’un quart du minerai vient d’Irlande et des Pays-Bas, deux pays où l’unique certification nationale (respectivement BQAS et IKB) simplifie la sélection.

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