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Luzerne déshydratée : la France garde sa place

Production, ventes, cours ; l’industrie de la luzerne déshydratée joue la stabilité.

La luzerne déshydratée produite en France devrait conserver sa part de marché en dépit de la concurrence espagnole et de la réforme de l’OCM ; telle est la perspective encourageante qui s’est dessinée mercredi dernier à l’assemblée générale du SNDF (syndicat national des déshydrateurs de luzerne).

Certes, l’Espagne, premier pays producteur d’Europe, dispose d’avantages concurrentiels appréciables : séchage naturel et coûts de main-d’œuvre modérés. La production espagnole a d’ailleurs encore progressé à 2,1 millions de tonnes l’an dernier. Mais la France (1,3 Mt) a aussi ses atouts : une industrie concentrée et environ 50 % de produits dits « techniques » sur le volume vendu. C’est ce que fait valoir Manuel Balesdent, directeur général adjoint de Désialis. Son entreprise est née en mai dernier de la fusion d’opérateurs majeurs des filières luzerne et betterave (Alfalis, France Luzerne Expansion et Deshy France). Elle revendique 55 % des productions françaises de luzerne et de pulpe de betterave.

Selon Manuel Balesdent, la plus grosse usine espagnole produit environ 80 000 tonnes de luzerne déshydratée annuellement, soit le volume d’un outil français moyen, et le plus gros opérateur espagnol réunit 250 000 tonnes, alors que Desialis pèse 650 000 tonnes. Les gros opérateurs, qui de surcroît combinent leurs achats de luzerne et de pulpe, ont donc tendance à acheter français. La concentration améliore aussi les performances à l’export, qui est la variable d’ajustement du marché français. Ainsi, Désialis, qui réalise 35 % de ses ventes à l’export, cumule des volumes et la « grande expérience en affaires maritimes » de Deshy France, a mentionné Manuel Balesdent. « Il faut unir nos forces pour atteindre des marchés plus lointains », a-t-il lancé en présentant le rapport commercial du SNDF, souhaitant d’autres concentrations.

Si la production espagnole augmente, celle du Nord de l’Europe élargit a tendance à régresser ; c’est ce qu’il a signalé à l’AG en figurant l’aire de commercialisation où les fourrages déshydratés français restent compétitifs : un cercle de 500 km autour de rayon autour de Reims, qui englobe l’Angleterre, l’Allemagne et la Suisse.

Un tiers pour les mélanges type «mash»

L’autre atout français est la variété de produits « techniques » destinés à différentes espèces animales : vaches, chèvres, brebis, jeunes ruminants, lapins, chevaux… Le marché de ces spécialités se caractérise par sa stabilité, à quelques évolutions près (régression en lapin, progression en chevaux de loisir). Un tiers environ de la luzerne serait commercialisée sous forme de granulés solides consommés dans les mélanges visuels (mash), dont la consommation continue de progresser en élevage de ruminants.

La nouvelle OCM pourrait induire une réduction des surfaces cultivées en luzerne, mais il semble que ça ne sera pas le cas. La marge en culture sera proche de celle des céréales, explique Hugues Deshuraud, responsable commercial d’Euroluz. Les cultivateurs, dont beaucoup sont spécialisés en grandes cultures, tiendront compte de l’avantage agronomique de la luzerne (qui enrichit le sol en azote et profite à la culture suivante) et de sa facilité de conduite et du fait qu’il est récolté par la coopérative de déshydratation. D’ailleurs, les promesses de semis pour cette année laissent prévoir une stabilité des surfaces, après une hausse en 2004.

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