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Loué : « prêts pour les turbulences »

Yves de la Fouchardière est directeur des Fermiers de Loué, qui tiennent leur assemblée générale ce jour au Mans.

Les Marchés : Que retiendront les Fermiers de Loué de 2005 ?

Yves de la Fouchardière : Si on y regarde bien, en laissant de côté le dernier trimestre, le bilan n'est pas si mauvais puisque le recul en volaille de chair s'est limité à 0,79 % avec 71 471 tonnes, l'œuf a réalisé une très belle performance en progressant de 13,14 % à 170 millions d'œufs et notre modeste filière gras a progressé de 22,79 % à 645 000 canards. La grippe aviaire est arrivée alors que nous avons terminé d'investir. Nos derniers investissements ont notamment été consacrés à l'automatisation du couvoir, à la découpe assistée et à l'acquisition d'une machine de calibrage des œufs très performante. En outre, nous disposerons sous peu d'une presse à colza qui alimentera notre usine d'aliments et les tracteurs de nos éleveurs. Nous avons investi ces dix dernières années 300 millions de francs, et nous sommes prêts à traverser une période plus turbulente.

LM : L'automne a vu le déclenchement de la crise de confiance des consommateurs engendrée par la médiatisation de la grippe aviaire. Comment avez-vous analysé et géré cette crise ?

Y.F. : On ne pouvait imaginer qu'une maladie animale aussi banale que l'influenza serait à l'origine d'une telle crise. Il se trouve que le public a découvert son existence à travers des discours de médecins et non de vétérinaires. Après avoir considéré l'injustice dont nous étions victimes, nous sommes allés au devant des consommateurs, en multipliant les animations en magasin. Quand l'épisode de Versailleux (ndlr : révélation d'un cas dans un élevage) est arrivé, j'ai considéré que c'était «le début de la fin de crise», sûr que le virus ne se propagerait pas. Il fallait démontrer que la France n'était pas le Vietnam, que l'aviculture serait hors de cause en cas de transmission à l'homme et qu'elle saurait faire face au prochain virus.

Quant à nous, fermiers de Loué, nous avons appris à mieux gérer des dérives de la communication. De nombreux consommateurs nous ont témoigné leur soutien.

Le président Alain Allinant ouvre le rapport moral des Fermiers de Loué sur cette formule : «tout ce qui ne tue pas renforce».

LM : Comment envisagez-vous la sortie de crise pour Loué et l'aviculture en plein air ?

Y.F. : On est déjà sortis de crise. Nos ventes sont comparables à celles des années précédentes à la même époque. Et puis le mauvais temps, qui décourage les barbecues, est très favorable aux volailles entières. C'est vrai, les distributeurs peinent quelquefois à s'approvisionner, mais une certaine rareté ne fait pas de mal. Nous attendons maintenant les oiseaux de mauvais augure qui prédisent le retour de l'influenza cet automne. Il est possible que nous refusions le confinement.

Au-delà de la grippe aviaire, il faut prendre en considération la fragilité de la filière. La consommation de pièces entières chute. Et la volaille fermière, parce qu'elle se vend majoritairement sous cette forme, est au premier rang d'une réduction potentielle de la voilure. Plutôt que de maintenir les volumes, il faut innover. Les Fermiers de Loué lanceront quelque chose en octobre.

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