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L’avis de l’Ania
« L’interministérialité doit mieux fonctionner »

Esther Kalonji, directrice alimentation et santé de l’Ania.
© Ania

Les Marchés Hebdo : Êtes-vous satisfaits du dernier avis du Haut Conseil de la santé publique sur le futur PNNS 2018-2022 ?

Esther Kalonji : Les enjeux de l’alimentation et de la santé sont au cœur des préoccupations des industriels de l’agroalimentaire. Ces sujets ont été abordés dans le cadre des états généraux de l’alimentation, pour une alimentation sûre, saine et durable. L’Ania a participé à l’ensemble des ateliers. Nous souscrivons pleinement aux enjeux de santé publique. Nous avons notamment soutenu la nécessité d’une politique de santé globale, en activant trois leviers : l’amélioration de l’offre ; la transparence ; l’éducation. L’année 2017 a été riche en publications autour de ce sujet. Les études peuvent servir de base aux discussions. L’Ania a toujours joué son rôle de partenaire par rapport à ces sujets, un partenaire responsable et engagé dans un objectif collectif. En 2015-2016, nous avions notamment proposé un certain nombre de mesures.

LMH : Le rapport du HCSP préconise notamment un changement de gouvernance du futur PNNS. Allez-vous dans son sens ?

E. K. : Jusqu’à présent, il y avait le PNNS et le PNA. Nous considérons que nous ne pouvons pas évoquer la nutrition sans l’alimentation ni sans l’éducation. L’interaction entre les différents domaines est nécessaire. Cela a été entendu lors des états généraux de l’alimentation. Nous souhaitons une forte connexion entre les différents plans. L’interministérialité doit mieux fonctionner, pour que tous les sujets soient vus sous tous les angles. Cela augmenterait la portée des actions. Cela semble aller dans ce sens.

LMH : Avez-vous eu une idée de l’agenda pour la sortie de ce plan ?

E. K. : Nous anticipons depuis longtemps les mesures qui seront mises en place. Ces dernières années, les industriels se sont investis dans des chartes d’engagement individuel et collectif. Au total, une trentaine de chartes a été signée. Il a été clairement montré que la signature d’une charte fonctionne sur l’amélioration de l’offre. Nous souhaitons désormais que les chartes individuelles puissent être étendues de manière collective à un secteur. À ce jour, il en existe trois : les compotes et fruits au sirop, la charcuterie et les boissons rafraîchissantes. Ces démarches collectives seraient tournées autour de l’optimisation nutritionnelle, de la taille des portions, et de la pédagogie sur les produits. Modifier la composition des produits doit être accompagné de communication pour modifier également les comportements. Associer les deux fonctionne, cela a été vu dans d’autres pays européens.

Propos recueillis par Anne-Sophie Le Bras

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