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L’industrie de la volaille mise sur la compétitivité

Compte tenu des pressions des pays tiers, une majorité d’opérateurs pense que l’industrie européenne doit se contenter du marché du frais. Encore faut-il que ce marché soit vraiment défendu.

Les industriels de la volaille le savent bien : des marges de productivité existent à l’amont comme en aval de leur secteur. Ils l’ont reconsidéré vendredi dernier à Paris lors de l’assemblée générale de la FIA (fédération des industriels avicoles) axée sur « la reconquête des marchés ». Une meilleure compétitivité est indispensable pour faire face à la montée des importations des pays tiers, faire poids sur le marché allemand en expansion et dégager une rentabilité qui permette d’adapter l’offre à différents marchés. Mais elle ne suffira pas si l’Union européenne devient une passoire, si les pouvoirs publics imposent des contraintes réglementaires inconséquentes et si la volaille se banalise aux yeux des consommateurs. Ces menaces sont bien réelles, mais les industriels en ont une faible visibilité. D’où leur difficulté à concevoir une défense.

Ainsi, à cause des prochains accords à l’Organisation mondiale du commerce, l’Union européenne devra écrêter ses plus hauts droits de douane convertis « ad valorem », avec la possibilité d’épargner des « produits sensibles » à définir. Le pic tarifaire des découpes désossées de poulet congelées (88 %) donne à réfléchir. Les Français aimeraient utiliser les restitutions à l’exportation comme monnaie d’échange, mais leurs partenaires européens sont « difficiles à mobiliser sur ce sujet », constate la FIA. En marge de ce dossier compliqué, le Brésil et la Thaïlande sont en passe de gagner leur panel sur le renforcement de la protection européenne contre leurs envois de viandes salées. La Commission européenne fait appel, mais la décision de l’OMC doit intervenir le 12 septembre, sans tenir compte de l’avis de l’Organisation mondiale des douanes comme elle le souhaitait...

L’UE pourrait n’avoir que 8 mois pour définir une nouvelle ligne tarifaire pour les morceaux de poulets désossés, congelés et salés à un droit négligeable de 15 % sans limitation quantitative. D’ores et déjà, une majorité d’opérateurs pensent que l’industrie européenne doit se contenter du marché du frais. Elle laisserait alors celui des produits élaborés aux pays tiers et aux filières domestiques les plus réactives. Encore faut-il que le terme « frais » soit bien défini. Le « frais prolongé » des viandes importées sous vide apparaît comme une grande menace que l’association européenne des industries avicoles (Avec) essaie de contrer par la voie législative.

D’autres garde-fous ont été évoqués vendredi, notamment les exigences sanitaires aux frontières et l’étiquetage de l’origine européenne. La FIA se bat aux côtés des producteurs pour que la prochaine réglementation du bien-être des poulets ne disqualifie pas 80 % des élevages français, pour que les contraintes microbiologiques ne défavorisent pas les volailles par rapport aux autres viandes.

Le président Alain Melot a mis l’accent sur les atouts de la filière avicole française : la viande de volaille est plébiscitée, les règles de production exigeantes peuvent servir de faire-valoir, la filière innove, les produits sont variés et la récente APVF (association pour la promotion de la volaille française) le fait savoir... Autant de qualités qu’il invite à mettre en musique grâce à plus de cohésion pour défendre ensemble les intérêts communs et « faire que chaque maillon soit rentable ».

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