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L’industrie de la viande face à l’élargissement

L’UE à 25 est une opportunité plus qu’une menace et l’innovation reste un enjeu majeur du secteur.

Les industriels de la viande n’ont rien à craindre, mais tout à espérer de l’élargissement de l’UE. Tel est le constat dressé hier au congrès du Sniv (Syndicat national de l’industrie des viandes). Après avoir passé en revue les dix pays entrant, Pierre Halliez, le directeur du syndicat, a tiré des conclusions rassurantes. « Les nouveaux Etats membres sont davantage des clients que des concurrents », a-t-il affirmé. Quelques chiffres sont à retenir. Le passage de l’UE à 25 se traduit par une hausse de 20 % de la population (à 455 M) et de 10 %

de la production bovine (à 8,1 millions de tonnes équivalent carcasse). Chez les Dix, la croissance du PIB se situe le plus souvent entre 3 et 9 %. « Leur demande alimentaire sera forte, avec une croissance du niveau de vie », a-t-il prédit.

Michel Arnoult, président du directoire de Métro Cash & Carry France, dont le groupe est implanté dans 27 pays, a apporté sa réflexion sur le thème de « L’industrie française de la viande face aux défis de l’élargissement ». « Je suis persuadé qu’il faut aller vers des produits de plus en plus élaborés », a-t-il déclaré. Ainsi, Métro est en train de lancer du muscle sous-vide en Ukraine. Son conseil est aussi de valoriser la diversité des races bovines françaises. Une autre piste est de contractualiser la production.

Par exemple, Métro a marketé de la viande ovine néo-zélandaise, en lançant de nouveaux produits sous la marque « Natural Farm ». Michel Arnoult s’est aussi interrogé sur le développement des innovations. La viande attendrie ? Pourquoi pas, « si on ne modifie pas le goût».

Au sujet du snacking, il a donné le chiffre de 300 tonnes de kebab vendues par son groupe en 2004. « A quand le kebab au bœuf ?», a-t-il lancé, estimant que le produit était devenu européen. En conclusion, le dirigeant de Métro a déclaré que « le prix est seulement un des éléments » déterminant pour le consommateur.

L’innovation, le futur de l’entrecôte

Pour Jean Chavel, directeur général de Charal, l’innovation est le « seul moteur du marché ». Celle-ci doit apporter du service. Ce qui est synonyme, pour le consommateur, de sécurité, de facilité d’utilisation, de durée de vie, pour le distributeur, de CA, de marge, pour l’industriel, d’équilibre matière, pour l’éleveur, de maintien d’un débouché.

Jean Chavel a cité les grandes innovations du secteur : le steak haché, les produits élaborés, la viande piécée J + 8 sous atmosphère ou J + 23 sous skin. L’innovation est selon lui « le futur de l’entrecôte ». Elle est indispensable pour atteindre des prix accessibles, car elle permet de valoriser d’autres muscles de la carcasse et de rendre attractif le rayon boucherie. Elle assure aussi un équilibre matière, en valorisant le cheptel national et en limitant les importations de catégoriels.

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