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L'exercice difficile des contrats en productions animales



Faut-il y voir un effet de la crise ? Longtemps réticents à l'idée de contractualiser avec l'aval, les éleveurs commencent à se laisser tenter. Des démarches de contractualisation, souvent tripartites, se développent. Les éleveurs y trouvent une garantie de débouché et une meilleure prise en compte de leurs coûts de production. Pour le maillon industriel, des améliorations restent nécessaires.

Peu d'industriels des produits animaux concluent des contrats gagnant-gagnant en amont. Faut-il passer des contrats bipartites à tripartites, voire multipartites ? Comment fixer les prix ? Les réflexions sont en cours.

Les cas de contractualisation entre les organisations commerciales d'éleveurs et leurs clients restent rares. Parmi les plus anciens, citons le veau de l'Aveyron et du Ségala d'Unicor pour Picard Surgelés ; les jeunes bovins laitiers fournis par une dizaine de groupements au groupe Bigard pour MoyPark à Orléans (ex-McKey) ; le lait que quatre cents éleveurs de la région nantaise livrent à Saint-Père (voir page 12) ; les porcs de la Sirepp (Ain) destinés au groupe Saprimex, pour lesquels les éleveurs bénéficient d'un tunnel de prix, grâce à un partenariat avec le fournisseur d'aliments Soreal. Aujourd'hui, les Éleveurs du pays vert, dans le Cantal, s'engagent à fournir un nombre croissant de « génisses primeurs » à Casino (voir page 13). À une moindre échelle, la Sicagieb et une autre organisation de producteurs se mettent en contrat avec l'abattoir Puigrenier (Allier) pour fournir des avants de « génisses pri-” meurs » charolaises à MoyPark Orléans et – c'est l'originalité – pour fournir des arrières au distributeur Lidl. La Sicagieb compte ainsi fournir 1 500 carcasses calibrées cette année.

Cap Seine : les éleveurs ont trouvé une garantie de débouché et de prix

La laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel (Loiret) et l'Association de producteurs de lait du bassin Centre signent un accord tripar-tite avec Auchan de trois ans pour du lait de consommation régional. Syproporcs, en Bretagne, fournit ses cuisses et épaules à Herta sur le principe du prix « swap », soit un prix fixe sur six mois pour l'éleveur.

La « limite du système »

Le groupement bovins de la coopérative normande Cap Seine en est à 3 300 jeunes bovins laitiers sous contrat par an pour fournir Socopa-Bigard, contre 700 au commencement, il y a neuf ans. « Jusqu'à présent, hormis une année au cours de laquelle le prix payé a été un peu inférieur au prix de marché, les éleveurs ont trouvé dans ce contrat une garantie de débouché et de prix », commente Benoît Cabot, responsable de la section bovine. Le groupe Bigard de son côté prend garde à entretenir la confiance des éleveurs, même s'il assume la majeure partie du risque de commercialisation en fixant un prix du vif près de dix-huit mois avant d'abattre les jeunes bovins laitiers. En effet, MoyPark ne prend que les avants, et l'industriel exporte généralement les arrières de ceux-ci.

Jamais le contrat en viande bovine standard ne couvre la totalité de la carcasse, c'est « la limite du système », rappelle Jacques Poulet, directeur du pôle animal de Coop de France. Selon lui, deux types de contrats fonctionnent plutôt bien, car ils sont « gagnant-gagnant » : ceux à valeur ajoutée et ceux qui visent à combler un manque saisonnier. En la matière, le responsable

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